La minuto, une monnaie-temps

© D.R.
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Une heure d’un agriculteur vaut 60 minutos (MTO), soit autant qu’une heure d’un médecin. « Notre souhait est que chacun, professionnel ou particulier, travaille à un même niveau de rémunération », explique Laurent Dombret, initiateur du projet. La minuto, monnaie locale virtuelle, vaut exactement une minute de travail effectif, hors charges en euro. Prenons l’exemple concret d’une coupe de cheveux nécessitant une demi-heure de travail. Afin de rémunérer ce service, le bénéficiaire effectue un virement de 30 MTO – qu’il aura peut-être gagnés en tondant la pelouse du boulanger – sur le compte de son coiffeur par PC banking ou via SMS.

Quid de la TVA et de l’impôt ? L’administration fiscale a accordé une dérogation, « les services octroyés dans le cadre de la minuto seront dans un premier temps considérés comme des prestations à titre gratuit. » Une réévaluation aura lieu en 2015.

Et les charges imputables au service (shampoing, eau, électricité, location du salon) ? Elles sont soumises à la TVA et doivent être payées en euros au prestataire, en plus de la prestation en minutos. Au sein du réseau, né en 2013, on compte autant de particuliers que d’entrepreneurs, soit une septantaine de membres. « On invite chacun à accepter des MTO à hauteur de ce qu’il peut dépenser. Le but n’est pas d’accumuler la monnaie, mais de dynamiser la production et le pouvoir d’achat local. »