La Belgique est le 3e pays le plus taxé (Infographie)

Pascal Saint-Amans, le directeur du centre de politique fiscale de l’OCDE.
Pascal Saint-Amans, le directeur du centre de politique fiscale de l’OCDE. - Anadolu Agency

La charge fiscale, autrement dit l’ensemble des impôts, taxes et cotisations rapporté à la richesse nationale, est revenue à des niveaux records dans les pays développés, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié ce mercredi. La Belgique est le 3ème pays le plus taxé. En 2013, la pression fiscale était ainsi chez nous de 44,6 % du PIB, pour une moyenne de 34,1 % pour les autres États membres de l’OCDE (soit 0,4 point de plus qu’en 2012).

C’est un niveau proche des records atteints en 2007 avant la crise (34,2 %) et en 2000 (34,3 %).

Cette progression de la charge fiscale résulte selon l’OCDE de « plusieurs facteurs », et pas seulement de hausses d’impôts, même si le rapport souligne que « de nombreux pays ont relevé les taux et/ou élargi les bases d’imposition ».

Le Danemark, pays le plus taxé

Entre 2012 et 2013, selon l’OCDE, c’est au Portugal (+2,2 points) et en Turquie (+1,7 point) que la charge fiscale rapportée au PIB a le plus augmenté. La Belgique a connu une hausse de 0,6 point.

Elle a au contraire baissé en Norvège (-1,5 point), au Chili (-1,2) et en Nouvelle-Zélande (-0,9).

Au total, c’est le Danemark qui affiche le taux le plus élevé de prélèvements obligatoires (48,6 % en 2013), suivi de la France (45,0 %) et de la Belgique (44,6 %).

À l’autre extrémité du classement figurent le Mexique (19,7 %), le Chili (20,2 %), la Corée (24,3 %) et les États-Unis (25,4 %).

« La fiscalité relève de la culture de chaque pays »

Pascal Saint-Amans, directeur du centre de politique fiscale de l’OCDE, a toutefois souligné les limites de l’exercice de comparaison, faisant remarquer que la fiscalité relevait aussi de « la culture de chaque pays ».

Certains pays laissent ainsi l’assurance-maladie dans le domaine privé, ou font payer l’accès aux universités, alors que d’autres organisent au contraire des accès gratuits et un financement basé sur des cotisations, d’où des taux de prélèvements obligatoires très différents.

Si le poids des prélèvements diffère, leur composition aussi « varie considérablement d’un pays à l’autre » a noté M. Saint-Amans, en distinguant malgré tout une tendance commune : « Sur le long terme, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt qui a énormément progressé » dans de nombreux pays.

La Belgique se caractérise par des revenus plus importants issus de la taxation des personnes physiques, de l’impôt foncier et des contributions de sécurité sociale. Notre pays taxe en revanche moins les bénéfices des sociétés et la consommation des biens et des services.

L’OCDE exhorte ses États membres à percevoir moins d’impôts qui faussent l’économie, tels que ceux sur le travail ou sur les bénéfices des entreprises, et à plutôt lever des impôts plus favorables à la croissance économique, comme une taxation sur la consommation ou le patrimoine par exemple.

L’organisation note que les taux de TVA réduits bénéficient généralement de revenus plus élevés. C’est notamment particulièrement le cas avec les taux réduits de TVA dans les restaurants ou les hôtels.