Chaque mois, dix Belges partent faire le djihad en Syrie et en Irak

Bert Van den Broucke/Photonews.
Bert Van den Broucke/Photonews. - PhotoNews

A la mi-décembre, environ 184 combattants belges se trouvaient en Irak et en Syrie pour y combattre dans les rangs djihadistes, cependant qu’une centaine d’autres – les returnees – étaient revenus en Belgique. C’est un record, puisqu’en mars 2014, il n’y avait « que » 165 combattants belges sur place (environ), et une bonne cinquantaine de returnees.

Mais le chiffre le plus terrible se déduit de tous les autres : si dix Belges partent chaque mois et qu’ils sont aujourd’hui 184 sur place, cela signifie qu’une bonne centaine de Belges sont morts là-bas ou, à tout le moins, ont totalement disparu de la circulation.

« Depuis deux ans, rien n’a été fait en matière de contre-discours »

Dans le même temps, Le Soir a appris de sources distinctes que la police fédérale ne parvient plus à pister les djihadistes belges sur internet. Manque de moyens et de personnel, c’est certain, mais d’autres dysfonctionnements ne sont pas exclus. L’annonce ce 1er janvier, par le ministre Jan Jambon (N-VA), du lancement en Belgique d’un projet-pilote de contre-discours pour faire entendre d’autres voix que celles des extrémistes, ne réglera pas le problème : la cellule d’experts « Sscat » à laquelle Jan Jambon a fait allusion n’est pas un projet belge, mais un projet européen à destination des 28 pays d’Europe, même s’il est logé en Belgique.

La cellule pourra conseiller la Belgique, dont l’absence de stratégie et de moyens devient inquiétante, mais elle n’aura pas pour objet de se substituer aux unités de contre-discours que la Belgique devrait mettre elle-même sur pied. « Depuis deux ans, en Belgique, rien n’a été fait en matière de contre-discours », conclut une source.

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