La nouvelle appli Winewoo aimerait devenir «le shazam du vin»

Shazam, presque tout le monde connaît. Grâce à cette application, votre smartphone identifie quasi instantanément la musique que vous entendez et donne une série de liens pour acheter le morceau ou pour découvrir son interprète. Redoutable d’efficacité. Côté vin, une série d’applications existent et parmi celles-ci, Vivino tient le haut du pavé. Fondée en 2009 par deux jeunes Danois, Vivino permet de photographier l’étiquette d’une bouteille avec son smartphone et d’obtenir de nombreuses précisions sur son origine, le vigneron, les cépages, etc., ainsi que le prix moyen et l’appréciation des consommateurs. Avec plus de huit millions d’utilisateurs, Vivino est aujourd’hui le nº1 dans son domaine.

La start-up bordelaise Kasual business a choisi une démarche totalement différente, en remontant elle-même à la source des informations. Ce sont les vignerons eux-mêmes qui ont été sollicités afin de garantir l’exactitude des informations renseignées : sol, cépages, élevage en cuve ou barrique, arômes, conseils de dégustation et de conservation, accord mets-vin ou encore pays de vente… Le consommateur pourra aussi découvrir de nouveaux vins en fonction de ses goûts, noter et partager ses commentaires avec ses amis et les vignerons, gérer sa cave et acheter le vin sur des sites partenaires ou en direct.

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Smart Bordeaux

L’agence Kasual business n’en est pas à son coup d’essai, elle a en effet déjà lancé en 2010, pour le Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), l’application Smart Bordeaux, qui recense les 8.000 châteaux bordelais et les 17.000 marques affiliées, une application qui existe en 12 langues, dont l’arabe et le chinois ! « Winewoo se destine, a déclaré à l’AFP Xavier de Castelbajac, un des trois associés fondateurs de la start-up, au gros du marché mondial, celui des vins dont les tarifs oscillent de 3 à 15 euros », et estime que « les grands crus sont déjà connus des consommateurs ».

Pour devenir une référence, Winewoo s’appuie sur les interprofessions viticoles. Ce sont elles, via leurs fichiers d’adhérents, qui invitent leurs membres vignerons à remplir la liste des critères définis. « Nous avons désormais en référence 80 % de la production française, soit environ 100.000 fiches de vins », indique un second associé, David Ducourneau. Courant 2015, il estime être en capacité de référencer les vins d’Espagne et d’Italie « soit, avec la France, 50 % de la production mondiale ».

Kasual business se rémunère sous forme de commission lorsque l’utilisateur est renvoyé vers un revendeur spécialisé mais espère aussi pouvoir vendre aux vignerons les données laissées par un utilisateur ayant scanné son vin. La start-up emploie aujourd’hui 10 personnes.

Le banc d’essai

Le premier essai, pourtant avec un Château bordelais, n’a rien donné, la recherche va se poursuivre en interne et le résultat devrait m’être envoyé plus tard. Second essai, réussi cette fois, avec une bouteille de Laurent-Perrier. J’apprends donc que ce champagne est élaboré avec 100 % de chardonnay (alors qu’il y a du pinot meunier et du pinot noir), qu’il doit être servi à 8-9ºC et qu’il peut accompagner le foie gras et huit fromages, mais aucun commentaire de dégustation… D’autres sections devraient informer sur « l’histoire » de ce vin, « les hommes » et « Les médias », trois sections actuellement… vides.

Bon, un dernier essai pour aujourd’hui : un rosé du domaine Sainte-Lucie en Provence : « vin non reconnu »… Puis, je suis tenace, un autre rosé, Château du Galoupet en Côtes de Provence : bingo ! Enfin, pas tout de suite, car le vin reconnu est le blanc du domaine et non le rosé. Une recherche et hop, les résultats pour le rosé s’affichent. Aussi peu de renseignements que pour le champagne, et les mêmes sections toujours vides… Je ne renonce pas et recherche dans la base de données le blanc du Château de Fontenille, en Entre-deux-mers, me disant que les critères de Winewoo (prix et région) devraient fonctionner… Bon, désolé, si c’est pour apprendre que le vin doit être servi à 8-10º, conservé 2 à 3 ans et dégusté avec une salade, de la charcuterie, des asperges ou trois fromages, je crains que la lecture de la contre-étiquette m’en apprenne plus. On réessaiera dans six mois…