Louvain-la-Neuve: La nécessaire expansion de l’Escalpade

Anthony et ses copains de classe disposent enfin d’une classe adaptée à leur handicap, dans une école née de la mobilisation de parents suite au constat d’un manque d’une telle infrastructure en Brabant wallon. © J.-P.D.V.
Anthony et ses copains de classe disposent enfin d’une classe adaptée à leur handicap, dans une école née de la mobilisation de parents suite au constat d’un manque d’une telle infrastructure en Brabant wallon. © J.-P.D.V. - J.-P. D.V.

T rouve la couronne Anthony. »

L’iPad devant les yeux, Anthony suit les consignes que lui dicte un jeu créé spécialement pour lui. Il sèche ses larmes, un peu stressé qu’il est d’avoir devant lui un étranger qui le regarde faire. Il se concentre et tape sur la couronne. Le jeu se poursuit et se corse. Tout est fait pour le distraire, comme une photo d’un poisson rouge qu’il aime beaucoup ou d’un autre enfant de la classe. Mais l’objectif reste qu’il tape sur la couronne… Vient le tour de Lise. Elle, c’est la musique qui la touche. Un autre jeu lui permet de sélectionner une couleur et une sorte de musique. Tant qu’elle fait glisser son doigt sur la tablette, l’air se fait entendre et lui ravit un sourire.

Nous sommes dans la classe « Calypso » de Caroline Matlet à l’école primaire de l’Escalpade. Une des deux nouvelles classes de cette école pour enfants atteints de déficiences physiques, créée par des parents motivés, avec des fonds récoltés dans le public. Dans cette classe, on trouve les cas les plus sévères car on sait déjà malheureusement que les enfants ne pourront jamais entrer dans une institution de travail adapté.

« Nous travaillons beaucoup sur le sensoriel, nous explique l’institutrice, passionnée par son travail, d’une patience extrême, et aidée de la puéricultrice Isabelle Cougnon. Deux des enfants sont aveugles. Pour les uns, cette tablette est une aide précieuse pour leur permettre de développer de nouvelles compétences. D’autres vont dans le snoezelen écouter de la musique sur un lit d’eau ou encore sentir les bulles qui montent dans un tuyau d’eau. Mais il y a aussi du dessein, du sable magique qui tient dans les doigts… »

Les deux nouvelles classes sont séparées d’un espace nursing. C’est tout confort. Il ne reste plus qu’à aménager le jardin. Ce sera pour une prochaine phase.

« Au total, c’est 1.470.000 euros qui ont été investis dans cette école fondamentale, souligne Diane Lhoest, la coordinatrice de l’Escalpade. Nous accueillons 58 enfants, grâce à une équipe éducative de 25 personnes. Ces dernières sont financées par la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais tout le reste est à notre charge. Même chose pour les secondaires à Limal, où auront été investis 1.600.000 euros pour accueillir 50 élèves via une équipe éducative de trente personnes. »

Le public aura largement contribué à financer cette école, que ce soit via des fondations privées, de la Province, ou la vente de briques de chocolat. La dixième opération est en cours, avec une journée dans les Delhaize le 28 février, et se clôturera le 30 mars avec le Swimmarathon à la piscine de Rixensart.

« Pour faire fonctionner les deux écoles, il nous faut, en effet, trouver 100.000 euros par an, poursuit Diane Lhoest. Ici, à Louvain-la-Neuve, la Ville nous demande aussi d’agrandir la route et d’aménager des parkings. Dont coût estimé de 250.000 euros. Heureusement, l’UCL nous a quasiment offert le terrain pour l’école. Et puis nous nous sommes enfin lancés dans la création d’un centre de jour pour trente adultes de grande dépendance, et huit membres de personnel. Le bâtiment, financé par un mécène privé, sera terminé cette année et nous espérons ouvrir en septembre 2016. »

Mais là aussi, il faudra injecter quelque 100.000 euros par an pour faire vivre les lieux, en plus d’une participation aux frais. Mais l’espoir est d’obtenir un agrément et des subsides de l’Agence wallonne pour l’intégration de la personne handicapée.