Manifestation antinucléaire très «eurégionale», à Huy

Un feu à proximité de la centrale de Tihange. © Nathalie Evrard
Un feu à proximité de la centrale de Tihange. © Nathalie Evrard - Belga.

L’avenir du nucléaire en Belgique ne concerne pas que les seuls citoyens belges mais aussi les populations des pays limitrophes. C’est ce que sont venus expliquer de nombreux Allemands et Néerlandais qui ont participé à la manifestation antinucléaire organisée à Huy, dimanche après-midi, à l’initiative de l’association Stop Tihange.

Entre 1.000 et 1.500 participants, selon les organisateurs, un demi-millier, selon la police, ont marché entre Huy et Tihange. Plusieurs parlementaires avaient fait le déplacement. Parmi ceux-ci, les députés Jean-Marc Nollet (Ecolo) et Raoul Hedebouw (PTB) mais aussi un député européen et des membres du Bundestag allemands ainsi que des représentants du conseil municipal de Maestricht.

Le débranchement définitif de Tihange 2 et de Doel 3 était le premier mot d’ordre avancé par les organisateurs. «  Electrabel veut rouvrir Doel 3 et Tihange 2 au 1er juillet, explique Léo Tubbax, porte-parole de Stop Tihange. C’est totalement inadmissible lorsque l’on constate que les microfissures sont devenues des macro-fissures de dix-huit centimètres ».

Mais les dossiers des autres centrales belges préoccupent également les militants antinucléaires. « Il est indispensable de faire un plan sérieux pour notre approvisionnement électrique sans nucléaire, en maintenant l’emploi sur les sites existants pour le personnel des différentes centrales belges, ajoute Léo Tubbax. Il faut également englober dans cette réflexion la problématique des armes atomiques. On ne peut pas distinguer le dossier du nucléaire civil du nucléaire militaire. Ce sont des frères siamois ».

Pression des États voisins

La pression transfrontalière sur l’avenir des centrales belges est de plus en plus sensible, ces derniers mois. C’est grâce aux interventions d’associations militantes allemandes que les informations sur la taille des fissures, nettement plus grandes qu’annoncé, ont été rendues publiques.

Et le 11 mars dernier, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, manifestait son inquiétude au Parlement wallon au sujet de la sécurité nucléaire : «  Quand on apprend l’existence d’une faille de 18 cm dans une centrale nucléaire, ça ne rassure pas vos voisins luxembourgeois, qui ont fait le choix de dire non au nucléaire », a-t-il notamment déclaré.