Ottignies: «Pas tous des fans de Harry Potter»

Douze équipes se sont affrontées ce dimanche à Ottignies © X.A.
Douze équipes se sont affrontées ce dimanche à Ottignies © X.A.

Ambiance étonnante ce dimanche à Ottignies, au centre sportif des Coquerées. De loin, on s’imagine assister à l’un des innombrables tournois de football ou de rugby organisés sur ce terrain en herbe. En se rapprochant quelque peu, on se rend compte que les pratiquants sont pour le moins originaux. Et qu’ils ont une dégaine plutôt particulière. « Beaucoup de gens nous prennent pour des crétins », sourit Nicolas, joueur de quidditch depuis peu. Il est vrai que le comportement de ces sportifs, âgés en moyenne d’une vingtaine d’années, change clairement des classiques. Le bâton entre les jambes, qui accompagne chaque déplacement, n’y est pas étranger. Tandis que les trois ballons qui volent d’une main à l’autre, pour atterrir dans l’un des trois anneaux qui forment les buts de chaque camp achèvent définitivement le visiteur d’un jour. Comme le disait l’un des rares spectateurs, il faut « quand même avoir une bonne dose de dérision pour se lancer dans ce sport ! »

Douze équipes venant de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne et de France se sont affrontées ce dimanche, dans le cadre de la Coupe du Nord de quidditch. Une invitation lancée par les « Dracognards », le club local fondé en 2014, qui rassemble une vingtaine de membres. Ce mélange de rugby et de balle-chasseur est directement inspiré de l’univers de Harry Potter. Le balai volant en moins. Reste qu’il fallait toutefois beaucoup d’imagination pour effectuer le rapprochement avec l’univers créé par J. K. Rowling. « Beaucoup de monde s’imagine que ceux qui pratiquent ce sport sont des férus de Harry Potter, explique Nicola Grosjean, joueur des Brussels Qwaffels, l’un des deux fers de lance belges, avec les Deurne Dodo Quidditch Team. Or, c’est loin d’être la majorité des cas. Il s’agit plus simplement de non sportifs qui désirent faire du sport. Vu que sa naissance est très récente – depuis 2 ans seulement en Belgique -, le fossé entre nouveaux venus et sportifs confirmés est loin d’être important. » Son voisin, Frank, venu d’Allemagne, précise toutefois : « Bon, il est évident que la plupart des sportifs ont regardé quelquefois les films d’Harry Potter… »

Le quidditch est apparu aux Etats-Unis, en 2005. La version contemporaine est bien éloignée de celle pratiquée sur grand écran. Sport mixte, qui se joue à sept contre sept sur un demi-terrain de football, les filles n’hésitent ici pas à plaquer les hommes. Un match dure en moyenne trente minutes, le temps qu’un attrapeur parvienne à saisir le Vif d’or. Vingt-et-un matchs se sont déroulés ce dimanche. Dans une ambiance festive – tout le monde s’embrasse à la fin de chaque match… – et anglophone. Et si le fair-play est de mise, le jeu a été sans cesse interrompu par les trois arbitres. La faute à une pratique encore hésitante. « Je suis certain que ce sport va se développer à l’avenir, poursuit Nicola Grosjean. Le potentiel de développement est important. Une sélection belge va d’ailleurs se créer d’ici peu : elle sera baptisée les Belgium Griffith ! »