Le téléphérique urbain en débat

L’association Urbagora avait rélaisé une maquette reprenant divers itinéraires possibles vers la Citadelle. Aujourd’hui, le porjet sur la table est plus ambitieux puisqu’il coiyrt jusqu’à Vottem. © D.R.
L’association Urbagora avait rélaisé une maquette reprenant divers itinéraires possibles vers la Citadelle. Aujourd’hui, le porjet sur la table est plus ambitieux puisqu’il coiyrt jusqu’à Vottem. © D.R. - TONNEAU

Brest, Grenoble, Coblence, Caracas, Medelin, Portland, Rio… Ces villes ont choisi le téléphérique comme transport en commun pour franchir des dénivelés et des cours d’eau. Avec notamment la technologie du téléphérique 3S (deux câbles porteurs, 1 câble tracteur), les cabines d’une trentaine de places autorisent des vitesses plus rapides (27km/h), des portées importantes entre deux pylônes (record : 3 km), un confort et une modularité dans le fonctionnement puisque les cabines sont débrayables.

Liège pourrait-elle embrayer et déployer un transport en commun peu commun là où les bus peinent à se frayer un chemin rapide dans les rues étroites et encombrées du quartier de Sainte-Walburge ?

La question est sur la table (1), initiée il y a déjà sept ans par l’association Urbagora. «  Actuellement, il y a clairement une rupture entre le haut et le bas de la ville, entre Rocourt, Sainte-Walburge, le CHR de la Citadelle et la vallée, explique Pierre Tacheron, directeur du bureau d’études Transitec. Les axes de liaison sont tortueux, encombrés avec souvent un conflit entre bus et voiture sans compter la problématique du stationnement des riverains. Installer un système de télécabines, c’est désenclaver ces zones et les assainir ».

Un tracé est soumis à l’analyse (lire ci-contre). Partir de la place des Déportés, à proximité immédiate de l’arrêt du tram et monter vers la Citadelle avec un arrêt connecté à la fois à l’hôpital et au quartier. Il s’agit ensuite de continuer par-delà les maisons et les zones vertes pour rallier le futur parking-relais de Vottem, à la fin de l’E313. On le voit : ce projet vise non seulement à relier en quelques minutes le CHR au tram et à l’autoroute mais aussi à permettre un report modal du trafic qui « descend en ville » depuis le nord, que l’on vienne de Rocourt, Tongres ou Bruxelles. «  Les télécabines actuelles permettent de transporter jusqu’à 3500 personnes par heure et par sens, en ce compris les cyclistes », explique Pierre Tacheron. On est loin d’un gadget réservé à des seuls touristes.

Pour autant, l’aspect touristique demeure. «  C’est un outil intéressant pour franchir les Coteaux, conjuguer mobilité et tourisme », déclare Michel Firket qui soutient le projet et prend pour exemple le téléphérique de Coblence. Sauf que dans la ville allemande, les câbles ne survolent pas d’habitations et ne bouleversent pas l’intimité des riverains. «  C’est une des questions : comment ne pas créer un outil perturbant ? »

Une solution envisagée par l’ASBL Urbagora était de faire partir le téléphérique de la place Vivegnis, avec réouverture de l’arrêt SNCB et passage du tram. Mais l’option n’a pas été retenue par la SRWT. Dans d’autres villes, le passage à hauteur respectable des habitations, évite les désagréments. D’autres préconisent des solutions plus terre à terre, à l’instar de l’architecte Pierre Arnould qui propose la mise en place d’un funiculaire couplé à une navette automatique entre le CHR et Vottem…

(1) Mercredi 25 mars, dès 8h45 à la halle aux viandes. Infos : 04/221.93.63.