Les hubs créatifs wallons: pour quoi faire?

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Le Bubble Hub a été inauguré ce jeudi à l’aéroport de Gosselies. Il s’ajoute aux quatre autres « hubs créatifs wallons » lancés avec plus ou moins d’emphase ces derniers mois. L’OpenHub de Louvain-la-Neuve avait ouvert le bal l’automne dernier, suivi quelques mois plus tard par Namur (Trakk), Mons (Creative Valley), la province de Luxembourg (Green Hub) et donc Charleroi cette semaine. Seules Liège (Plug-r sera dévoilé ce 27 mars) et Tournai (WAP’s hub, fin avril) ne sont pas encore sorties du bois.

Pour rappel, ces sept hubs créatifs avaient été sélectionnés en mai 2014 suite à un appel à projets du gouvernement wallon, dans le cadre du programme Creative Wallonia. Le but de ces « hubs » : stimuler la créativité, et par extension l’envie d’entreprendre auprès d’un large public, en interconnectant les acteurs locaux et en décloisonnant les mondes institutionnel, académique, culturel et économique. « Stimuler l’émergence et la consolidation de l’économie créative à travers un programme pluridisciplinaire d’actions et d’animations », pour reprendre les termes du ministre Marcourt. Il a promis que ces « hubs » ne seraient pas un énième « machin » qui se superpose aux acteurs d’accompagnement existants.

Que peut-on dès lors attendre concrètement de ces « hubs » ? La réponse est d’emblée compliquée par le fait que leur lancement est en quelque sorte provisoire. Le financement initial par le gouvernement wallon (quelque 1,75 million d’euros) sert à amorcer la pompe dans l’attente d’une manne européenne dédiée à l’innovation (fonds Feder) estimée à 50 millions d’euros sur sept ans. De quoi en principe pérenniser les projets qui réussiront l’examen de la « task force » wallonne chargée de répartir les subsides européens. Les « choses sérieuses » ne devraient donc en principe débuter au mieux qu’en octobre. Et il est possible que d’autres projets, en dehors des sept hubs susmentionnés, prennent une part du gâteau. Même si la mise en réseau se fait de plus en plus de façon virtuelle de nos jours, les budgets européens sont notamment indispensables pour associer un « hub » à un lieu physique et concrétiser d’ambitieux projets immobiliers à Louvain-la-Neuve et Namur notamment. Ou proposer des « fab labs » dignes de ce nom.

Et en attendant ? « Ce qui est intéressant à ce stade, c’est la mise en réseau d’acteurs qui, même sur un plan local, ne se voyaient pas beaucoup, observe Robert Viseur, expert R&D au centre de recherche Cetic et impliqué dans les hubs carolo et montois. Un premier enjeu est de démontrer à travers de petits projets concrets que ces structures peuvent effectivement réaliser des choses ensemble. »

Les hubs sont en effet portés par un mélange hétéroclite d’intercommunales de développement, de centres d’entreprises (CEI, Heracles…), de structures d’incubation (Side-Socran), d’invests, d’universités, etc. Un risque, bien connu en Wallonie, est de tomber dans le piège du sous-régionalisme. Mons a intérêt à inclure la Louvière, par exemple (et Dragone). Une structure transversale de formation et d’accompagnement, baptisée Hubsters, se met en place pour éviter que chaque « hub » ne réinvente la roue.

Parmi les premiers pas concrets, le Bubble Hub lance début avril un appel à projets pour du crowdfunding, suivi d’un accompagnement spécifique, pour démontrer qu’il y a aussi de belles entreprises créatives à soutenir à Charleroi. Et éviter que le hub carolo, comme les autres, ne soit qu’une bulle.