Bourse des mères porteuses: «C’est de la traite d’êtres humains», dénonce Karin Jiroflée

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Une vingtaine de cliniques privées et services d’intervention américains qui facilitent la gestation pour autrui (GPA) de manière commerciale posent leurs bagages ce week-end à Bruxelles. Ils s’adressent à la communauté holebi (homosexuelle, lesbienne, bisexuelle) d’Europe qui désire un enfant.

Mais des experts belges estiment l’initiative suspecte et les associations holebi de Belgique ne prennent pas part à la bourse en raison de dissensions internes. Quelque 140 couples homosexuels se seraient inscrits pour participer à cette bourse.

90.000 euros pour un bébé

Selon De Standaard, un bébé pourrait coûter jusqu’à 100.000 dollars (90.000 euros). Cet argent ne revient pas entièrement à la mère porteuse mais aux services d’intervention qui promettent de tout prendre en charge pour ce montant.

«  C’est la première fois que nous venons en Belgique  », a indiqué Ron Poole-Dayan, coordinateur de l’organisation « Men Having Babies ».

Des organisations néerlandaises prennent part à l’initiative, mais aucune provenant de Belgique.

Le colloque a lieu au BIP (place Royale) dimanche et une pré-conférence est organisée samedi à partir de 16h00 à l’hôtel Hilton de la Grand-Place (devant la Gare Central), peut-on lire sur le site internet de « Men Having Babies ».

Semblable « à la traite d’êtres humains »

La bourse de mères porteuses est « répréhensible », estime la députée Karin Jiroflée dans une réaction livrée à l’agence Belga. Elle est toutefois «  satisfaite que les associations belges se soient distanciées  » de l’événement.

«  Pour nous, la gestation pour autrui commerciale est semblable à de la traite d’êtres humains, d’enfants. Nous sommes convaincus que la gestation pour autrui non-commerciale doit être légalement réglée le plus rapidement possible afin de rejeter toute pratique commerciale  », explique la députée flamande.

«  Dans la même lignée, des propositions de loi se trouvent actuellement à la Chambre. Notre proposition prévoit qu’un acte notarié soit établi pour la naissance, grâce auquel les futurs parents deviennent les parents légaux au moment de l’arrivée de l’enfant, en mentionnant bien évidemment la mère porteuse, pour des raisons médicales. Nous ne prévoyons aucun délai de rétractation pour la mère porteuse pour des raisons de sécurité juridique. »

Ces accords doivent, selon Karin Jiroflée, être réglés dans le cadre médical et psychologique d’un centre de fertilité. L’acte notarié doit décrire de manière détaillée les droits et obligations des deux parties prenantes à l’accord.