Bourse des mères porteuses: «Aucune place n’est accordée à l’enfant»

Stéphanie Raeymaekers.
Stéphanie Raeymaekers. - D.R.

Stéphanie Raeymaekers est la présidente de Donorkinderen, une association flamande d’enfants nés via des donneurs de gamètes (sperme ou ovocyte). Elle est venue assister à la journée pour s’informer, puisque le sujet lui tient à cœur, et elle en ressort «  choquée  » : «  Toute cette conférence est centrée sur le désir des parents. Je constate qu’aucune place n’est accordée à l’enfant. Aucun enfant né par gestation pour autrui n’est venu témoigner aujourd’hui. Ça en dit long ! C’est quand même le premier concerné, c’est lui qui subira toutes les conséquences !  » La jeune femme sait de quoi elle parle : elle est elle-même née d’un donneur anonyme, car ses parents, hétérosexuels, ne pouvaient pas avoir d’enfant. «  J’ai été achetée. Et aujourd’hui, mon association est parfois mal vue. Je suis un produit qui parle, et donc qui dérange.  »

Stéphanie estime qu’elle a le droit de connaître ses parents biologiques et est visiblement très émue à l’idée de ne jamais réaliser ce besoin. «  Je dis toujours, on est dans un pays où c’est plus facile de tracer l’origine de la viande au rayon charcuterie, que celle du parent biologique d’un être humain !  » Si elle n’est pas venue à la conférence de Men having babies pour militer, elle avance qu’avec la gestation pour autrui, on crée des enfants en créant une souffrance. Elle se dit aussi écœurée par tout le marketing et toute la publicité déployée par ces agences américaines. «  Je ne comprends pas qu’on ait autorisé une telle conférence, on vient expliquer aux gens comment contourner le cadre légal !  » Stéphanie pointe aussi une certaine hypocrisie du système belge qui dénonce la venue de l’association américaine, puisque la Belgique rentre aussi dans le jeu, en aidant des mères lesbiennes d’autres pays à avoir des enfants par GPA.