Le Gracq dénonce les aménagements cyclables revus à la baisse

La passerelle d’Outremeuse, dans sa nouvelle version, prévoit un déroulé plus long qui ne passe plus au-dessus de la voirie régionale. La rampe est remplacée par des escaliers. © D.R.
La passerelle d’Outremeuse, dans sa nouvelle version, prévoit un déroulé plus long qui ne passe plus au-dessus de la voirie régionale. La rampe est remplacée par des escaliers. © D.R.

Un réseau structurant sur lequel un gamin de 12 ans pourrait rouler à vélo en toute sérénité. L’ambition initiale du volet liégeois du Plan Wallonie cyclable est-elle en train de perdre sa vigueur ? « À force de faire des compromis, la Ville est en train de réaliser des itinéraires cyclables où il est impossible de faire du vélo en sécurité », déclare Johan Tirtiaux, responsable de la section liégeoise du Groupe des cyclistes quotidiens (Gracq).

Associé en partie aux travaux de la commission communale vélo, le Gracq est amené à valider toute une série d’aménagements cyclables qui, à terme, doivent constituer un vaste réseau d’itinéraires structurants. « Nos remarques ne sont pas suffisamment prises en compte. La Ville manque d’ambition et revoit à la baisse les aménagements. Cette politique chèvre-choutiste privilégie le bel urbanisme et la place accordée à la voiture au détriment de la fonctionnalité », poursuit Johan Tirtiaux qui pointe du doigt le projet de refonte de la place Cockerill et de la passerelle d’Outremeuse soumis actuellement à enquête publique (lire ci-contre).

«  Cette passerelle est un maillon essentiel dans le réseau structurant cyclable. Au lieu d’améliorer la situation actuelle, le projet déposé la dégrade, c’est décevant ! Par ailleurs, les voiries ne réservent aucune place au vélo, reléguant celui-ci sur les trottoirs pour traverser ou accéder à la passerelle. Et dans le sens Cathédrale-Outremeuse, aucun aménagement ne lui facilite la vie. C’est sidérant lorsque l’on sait que l’Université est un pôle qui compte beaucoup de cyclistes en son sein ».

Au-delà de cette infrastructure emblématique pour les cyclistes et les piétons, le Gracq fait la liste des « pas en arrière ». « Dans le quartier du Longdoz, il était prévu que, rue Grétry, le trafic soit interrompu au niveau de la place Henriette Brenu pour ne retenir que la circulation locale, les bus et les vélos. C’est reporté. Rue des Hesbaye, il devait y avoir une piste cyclable séparée de la chaussée dans chaque sens, il n’y en aura qu’une. Rue de Bruxelles et au Cadran, la voirie devait être réduite à une seule bande de circulation avec piste cyclable. C’est reporté », regrette Johan Tirtiaux.

Par contre, le Gracq salue les aménagements réalisés sur le pont de Bressoux où les cyclistes disposent d’espaces dédiés qui leur permettent de cheminer plus facilement. «  L’ouverture des bandes bus aux cyclistes est une bonne chose pour autant que cela soit fait en dernier recours, quand il n’y a vraiment pas moyen de réaliser une piste cyclable. Par ailleurs, l’itinéraire partagé entre bus et vélo doit être court sinon le bus ne peut pas dépasser le cycliste ».

Le Gracq, qui regrette les aménagements mettant le cycliste et le piéton en conflit, a présenté la Ville des solutions peu onéreuses. Le Ravel qui passe devant le Palais des Congrès est très étroit. «  Nous proposons un Ravel bis qui emprunterait l’actuel passage sou la place d’Italie. Il suffit de refaire l’éclairage, d’abaisser des bordures, de créer un plateau traversant. la Ville nous dit ok puis laisse traîner le dossier. Manifestement, ce n’est pas une priorité ».