Liège: libérer la ville du trafic de transit

Des berges de Meuse rendues aux piétons grâce à l’enfouissement du trafic automobile : une proposition d’Urbagora. © Agathe Raimbault.
Des berges de Meuse rendues aux piétons grâce à l’enfouissement du trafic automobile : une proposition d’Urbagora. © Agathe Raimbault. - Agathe Raimbault.

Prendre de la hauteur et ne pas se focaliser sur le seul réaménagement problématique de la place Cockerill… L’association Urbagora, connue pour ses prospectives en matière de renouveau urbain, organise une rencontre au titre évocateur : « Et si les voitures ne traversaient plus le centre-ville de Liège ? » (1).

«  Nulle question de proposer une piétonnisation générale de tout le centre-ville comme à Bruxelles mais plutôt de libérer le centre du trafic de transit et ainsi dégager une série d’espaces publics pour rendre la ville plus conviviale  », explique Laurent Nisen, qui a travaillé sur le sujet avec Caroline Minon, architecte-urbaniste. Un exemple : la réappropriation piétonne des berges de la Meuse, entre les Prémontrés et le Curtius et la création d’un bandeau de verdure (voir photo).

Trois mesures phares figurent dans la proposition d’Urbagora : le tram et ses parkings de délestage, un tunnel entre Prémontrés et Curtius avec accès souterrain aux parkings existants ainsi que la création de boucles de circulation et d’espaces partagés. À cela s’ajoutent d’autres propositions comme le téléphérique entre Saint-Léonard et la Citadelle ou encore un ascenseur urbain entre Jonfosse et Saint-Laurent.

«  S’il advient, le chantier du tram va déjà réduire la traversée de la ville en voiture, à l’instar du boulevard de la Sauvenière et de la rue de la Régence mises en cul-de-sac, explique Laurent Nisen. Il va aussi permettre un transfert modal de la voiture vers le transport en commun pour ceux qui viennent en ville ». «  Nous proposons d’aller plus loin et de créer dans le centre-ville et une partie d’Outremeuse, une zone où il y aurait deux types de voiries, ajoute Caroline Minon. D’une part, des boucles de circulation pour desservir les parkings en ouvrage existants ainsi que les pôles scolaires ou d’emploi. D’autre part, les autres voiries seraient transformées en espaces partagés entre piétons, cyclistes, transports en commun, livraisons, taxis, riverains et services de secours. Le stationnement serait réduit aux riverains, taxis, PMR et livraisons ».

Autre mesure phare, non chiffrée, la création d’un tunnel routier entre les Prémontrés et le Curtius, avec accès souterrain aux parkings existants, à l’instar de celui de la Cité ou de Saint-Georges. Une idée déjà défendue par l’ingénieur-architecte Pierre Arnould qui, dans le cas du projet de parking place Cockerill permet de libérer totalement l’espace en surface au lieu d’avoir d’importantes rampes d’accès. Si Urbagora plaide contre la construction de ce parking sous la place Cockerill, l’association note que, s’il se réalise malgré tout, il est préférable de le connecter à ce tunnel autoroutier.

Supprimer le trafic de transit ne se fera pas sans des mesures alternatives de mobilité telles que la création de lignes de bus traversantes ou la mise en place d’un réseau express ferroviaire liégeois. Des mesures à intégrer dans la prochaine révision du Plan communal de mobilité, selon Urbagora.

(1) Le mardi 1er septembre à 20h à « L’An vert », rue Mathieu Polain.