Van Rompuy présente son recueil de haïkus

Rédaction en ligne

jeudi 15 avril 2010, 18:57

Herman Van Rompuy, a présenté ce jeudi à Bruxelles son premier recueil de haïkus, « une forme de poésie légère » à la mode japonaise. Les haïkus, écrits en néerlandais, sont traduits en français, anglais, allemand et… latin.

Van Rompuy présente son recueil de haïkus

Pierre-Yves Thienpont – Le Soir

« La concision du haïku m’offre l’opportunité d’en revenir à l’essentiel de la parole en disant bien des choses en si peu d’espace et dans un langage non sophistiqué », a expliqué M. Van Rompuy devant un aréopage réuni dans un salon de la Chambre et où se remarquait l’ambassadeur du Japon auprès de l’UE, Nobutake Odano.

Le goût de M. Van Rompuy pour les haïkus n’est pas nouveau. Il en écrit depuis 2004. « Depuis lors, je ne me suis plus arrêté » d’en écrire, a-t-il confié. « Jamais de manière obsessionnelle ou passionnelle, toujours avec envie », a-t-il ajouté.

M. Van Rompuy, habituellement peu disert, s’était fait remarquer fin 2009, peu après son arrivée à la tête du Conseil européen, en composant un de ces haïkus à l’occasion d’une conférence de presse de trois pays amenés à assurer successivement la présidence tournante de l’UE : l’Espagne, la Belgique et la Hongrie.

« Trois vagues déferlent/abordant ensemble au port/le trio est rentré », avait-il déclamé sous le regard intrigué de la presse internationale.

Le petit recueil sobre et élégant de 124 pages à couverture bleu ciel, édité par une maison d’édition flamande spécialisée en poésie, rassemble un quart des haïkus composés par M. Van Rompuy. Tous écrits en néerlandais – sa langue natale – ils sont traduits avec beaucoup de finesse en français, anglais, allemand et… latin, respectant autant que possible l’un des sévères codes du haïku : écrire trois vers de respectivement cinq, sept, cinq syllabes.

« Je ne vois pas énormément de liens entre poésie et politique. Il y en a bien plus entre poète et homme politique. Ainsi, un poète haïku ne peut, en politique, ni être extravagant, ni fortement vaniteux, ni extrémiste », a dit M. Van Rompuy dressant le portrait en creux d’un homme qui lui ressemble.

De sa visite récente à Washington, où il a brièvement rencontré le président Barack Obama, il est revenu avec un inédit qui ne figure pas dans son recueil : « Absent deux jours/un monde qui a changé/le verger en fleurs ». « Je l’ai écrit dans l’avion qui me ramenait en Europe, avec le ’jet-lag’ », a-t-il confié avec un sourire malicieux.

(belga, afp)