Danneels dément toute « manœuvre d’étouffement » de l’affaire Vangheluwe

Rédaction en ligne

dimanche 25 avril 2010, 09:31

Le cardinal Godfried Danneels a démenti ce samedi toute manœuvre d’étouffement des actes commis par l’évêque démissionnaire de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe, qui a reconnu vendredi avoir « abusé sexuellement » d’un jeune de son entourage.

Danneels dément toute « manœuvre d’étouffement » de l’affaire Vangheluwe

Belga

« Je n’ai jamais entrepris un soupçon de tentative pour étouffer les abus de l’évêque Roger Vangheluwe ou les avoir couverts du manteau du secret », a affirmé l’ancien primat de Belgique lors d’un point de presse organisé à la hâte à Bruxelles.

Mgr Danneels a maintenu qu’il n’était pas au courant de ces faits avant début avril.

À ce moment, il a rencontré l’évêque brugeois, sa victime et la famille de ce dernier pour une conversation en toute confidence, a ajouté l’ancien archevêque.

Mgr Danneels a réaffirmé qu’il n’était pas au courant dans les années ‘90 des abus commis par Mgr Vangheluwe.

« Je ne peux pas me rappeler une telle conversation et cela m’étonnerait que je n’ai accordé aucune attention à un tel message ou que je l’ai oublié », a-t-il affirmé à propos des déclarations de l’ex-prêtre Rik Devillé, qui assure en avoir parlé au cardinal et n’avoir pas eu de réponse. « Je n’ai aussi reçu aucun document écrit » à ce propos, a ajouté l’ancien primat.

La déclaration du cardinal Danneels

Voici une copie de la déclaration faite par l’ancien archevêque de Malines-Bruxelles, ce samedi en fin d’après-midi à Bruxelles.

« Comme je l’ai communiqué à plusieurs reprises, je ne puis me rappeler d’une conversation remontant aux années nonante où des cas d’abus commis par Mgr Vangheluwe furent évoqués. Cela m’étonnerait beaucoup que je n’aie pas porté attention à ce genre de conversation ou que je l’aie oubliée. Je n’ai retrouvé aucun document écrit à ce sujet.

J’ai entendu parler pour la première fois de ces abus dans les premiers jours du mois d’avril, et de la bouche de Mgr Vangheluwe, lui-même. Il me demanda, au nom de la famille de la victime, que je le rencontre avec celle-ci en toute confidentialité et que je les écoute.

C’est ce que je fis. J’ai pensé qu’à ce stade confidentiel, je n’avais pas le droit de communiquer quelque chose de cet abus à des tiers, que ce soient les évêques, les instances judiciaires, ou la commission.

Le but de cette rencontre était d’écouter et éventuellement d’arriver à une conclusion qui recueille l’assentiment de tous. Il y a, de fait, différentes solutions pour des abus qui ont eu lieu de nombreuses années plus tôt. Il y a le tribunal civil, sauf que les faits étaient prescrits. Il y a la plainte au tribunal ecclésiastique, et la commission interdiocésaine. Enfin, il y a la réconciliation et le dédommagement mutuellement convenu. On peut insister sur une demande de démission et attendre son acceptation.

Aucune décision n’a pu être tirée de la discussion. Voilà pourquoi tous étaient d’accord que, comme cet entretien n’était pas achevé, il y aurait une seconde rencontre quelques jours plus tard. J’ai alors attendu un signe de la famille. Il n’y en eut pas. Entre-temps, la victime a pris contact avec la commission et Mgr Vangheluwe a présenté sa démission.

Je n’ai jamais entrepris quoi que ce soit pour étouffer l’affaire ou la couvrir du manteau du secret. Cela me blesse d’entendre les reproches et soupçons exprimés à mon encontre, comme quoi j’aurais voulu cacher ou camoufler l’affaire. J’ai simplement – par une démarche peut-être trop spontanée – voulu rendre service à l’évêque et sa famille. Peut-être que j’aurais dû refuser et immédiatement renvoyer vers la commission. Mais la famille avait demandé de me voir et de me parler. Cependant, je pense, maintenant encore, que rendre service à des personnes qui sont en détresse et vous demandent de l’aide, ne peut être considéré comme une faute ou une tentative de cacher la vérité.

La situation m’attriste. J’assure la victime et sa famille que je partage profondément leurs souffrances. Je n’oublie pas non plus Mgr Vangheluwe, même si je ne puis que fortement réprouver ses actes. Je suis attristé par les blessures infligées à l’Église et aux nombreux fidèles. Il est enfin très douloureux que ma volonté d’aider – peut-être de façon par trop généreuse, spontanée et quelque peu irréfléchie – risque de m’être désormais imputée comme faute. »

(belga)