Bart De Wever, dites-nous donc...

DAVID COPPI

vendredi 02 juillet 2010, 08:30

L’« informateur » s’acquitte bien de sa mission. Bart De Wever a pris les choses en main le jeudi 17 juin, quatre jours après le scrutin qui l’a vu triompher en Flandre, et en deux semaines de « consultations » tous azimuts, que de chemin parcouru !

Il faut se souvenir d’où l’on vient : une législature, débutée péniblement en 2007 et clôturée anticipativement dans un chaos politico-communautaire indescriptible ; une campagne électorale hantée par l’idée que le scrutin du 13 juin serait peut-être le dernier pour la Belgique ; une victoire écrasante de la N-VA en Flandre, un parti séparatiste. Excusez du peu. Une séquence dramatique au possible. No future !

Et après ?… Il y eut Bart De Wever. Oui, lui. Au fil de ses déclarations, rares mais apaisantes, et de ses entretiens avec patrons, syndicats, tutti quanti, et maintenant les présidents de partis, le bouillant leader nationaliste soudain affable et bonhomme a fait retomber la tension. Le soleil brille à nouveau, et n’est pas seulement l’effet de l’été. Le pays n’est plus en guerre avec lui-même. L’espoir est permis. Qui eût cru cela possible de sa part ? Et en aussi peu de temps ?

Nous en sommes là. Bien. Positif. Bravo. Mais, cela ne suffit pas. Bart De Wever n’est pas quitte pour autant. L’informateur pas comme les autres a une mission pas comme les autres : on attend de lui qu’il consulte, écoute, mais aussi qu’il « conclue ». Que son tour de table fasse « avancer le Schmilblick ». Que son « rapport » au Roi soit substantiel. Qu’il dise avec quelle coalition il lui semble opportun d’engager à présent les vraies négociations politiques, sur la réforme de l’Etat comme sur le chapitre socioéconomique. Qu’il cède le témoin à un « formateur » – Elio Di Rupo – dans de bonnes conditions.

Il n’est tenu, pour cela, par aucun délai. Ce vendredi ? Ce week-end ? Quelques jours encore ? Au début de la prochaine ? Soit. Qu’il prenne son temps… même si l’on pressent que le temps est compté désormais.

Car le calme de l’après-13 juin est un miracle. Il est précaire. Le quasi-enthousiasme de voir l’improbable duo De Wever – Di Rupo à l’œuvre peut s’éteindre comme une bougie. On serait replongés dans le noir. On aurait laissé passer sa chance. Le « momentum ». Et alors là, tout repart en vrille ! Bart De Wever, dites-nous donc…