Charles Michel nouveau président du MR

BELGAMARTINE DUBUISSON

vendredi 28 janvier 2011, 23:15

L’actuel ministre de la Coopération au développement, Charles Michel, 35 ans, a été élu à la présidence du MR avec 54,75% des suffrages exprimés face à son seul rival Daniel Bacquelaine. Il succède ainsi à Didier Reynders. Les résultats définitifs seront annoncés lundi, avec une entrée en fonction prévue du nouveau président le 14 février prochain.

Charles Michel nouveau président du MR

@Roger Milutin – Le Soir

Côté chiffres, Charles Michel a obtenu 9.710 voix contre 8.024 à Bacquelaine. On note également une centaine de votes blancs et nuls.

Bacquelaine : « Je suis au côté de Charles pour le devenir du MR »

Dès à présent, je suis au côté de Charles pour conjuguer avec lui, avec tous les mandataires et avec tous les militants, le devenir du MR”, a déclaré ce vendredi soir le député Daniel Bacquelaine peu après l’annonce de l’élection de son rival, Charles Michel, à la présidence du MR.

Le deuxième candidat, non-élu, a adressé au futur président ses félicitations et ses “voeux de succès dans sa future fonction”, dans un communiqué diffusé peu après l’annonce des résultats officieux.

M. Bacquelaine plaide une nouvelle fois pour l’unité au sein du Mouvement. “Après les turbulences qu’a connues le MR au cours de ces derniers mois et au vu de la crise que traverse notre pays, il faut plus que jamais que notre Mouvement retrouve le chemin de l’unité et de la loyauté. Il n’y a pas d’alternative à l’unité. Ce fût l’un des messages les plus forts entendus parmi les militants à l’occasion de cette campagne électorale interne”, a-t-il déclaré.

Le chef de groupe à la Chambre remercie également le président sortant, Didier Reynders, pour “tout ce qu’il a fait pendant toutes ces années à la tête du Mouvement et au service de notre pays”.

“L’actualité immédiate, la crise que traverse la Belgique, lui impose de continuer à jouer un rôle majeur. Le MR a besoin de lui, le MR a besoin de tous”, a-t-il souligné, concluant par le slogan “Ensemble, pacifions, osons et gagnons!”

Faire progresser le MR

De son côté, le ministre des Finances, Didier Reynders, a tenu à féléciter les deux candidats à la président du MR “pour la manière dont ils ont mené le débat et mobilisé les militants du parti”.

Le nouveau président Charles Michel sera installé le 14 février. Je travaillerai avec lui comme je l’ai fait avec mes prédécesseurs pour faire progresser le MR dans les prochains mois et les prochaines années”, a encore dit le président sortant du parti.

De Croo félicite Michel

Enfin, le président du parti libéral flamand, Alexander De Croo, a félicité son nouvel homologue francophone, Charles Michel, pour son élection à la présidence du Mouvement Réformateur (MR).

“Avec Charles Michel, les membres du MR ont, un an après les libéraux flamands, également opté pour un renouvellement et un rajeunissement”, a-t-il indiqué dans un communiqué.

“Je connais Charles comme un homme de ma génération enthousiaste. Bien que nous appartenions à un autre parti, nous partageons, comme libéraux, la conviction que dans notre pays l’homme doit se trouver au centre et non les structures”, a ajouté le président de l’Open Vld.

M. De Croo a dit attendre “de coopérer au cours des prochaines années avec Charles (Michel) et, en partant de notre conviction libérale, renverser l’immobilisme et le négativisme et remettre notre pays en mouvement”.

(D’après Belga)

33.000 membres du MR (libéraux, FDF, MCC et bleus germanophones) étaient appelés à départager Charles Michel et Daniel Bacquelaine pour la succession de Didier Reynders à la présidence du parti. 17.834 bulletins de vote ont été retournés, par courrier. Soit 53 % de participation. C’est beaucoup plus que les 15 à 25 % des élections internes précédentes, lorsque les militants devaient se déplacer dans leur fédération pour opérer leur choix.

C’est moins, cependant, que l’engouement des militants pour cette première élection à plusieurs candidats depuis 20 ans ne le laissait espérer. D’autant qu’il suffisait aux membres de renvoyer l’enveloppe déjà affranchie. Et que ce scrutin se déroulait dans un contexte de division, après la guerre interne entre camp Reynders-Bacquelaine, et clan Michel.

M. Michel a donc obtenu 54,75% des voix, contre 45,25 à M. Bacquelaine, selon des résultats officieux rendus publics en soirée par le parti.

Les résultats définitifs seront annoncés lundi, avec une entrée en fonction prévue du nouveau président le 14 février prochain.

« Pour la cohésion et l’unité du parti »

Charles Michel a souligné dès vendredi soir qu’il travaillera sans relâche pour la cohésion et l’unité du parti.

Dans une courte réaction peu après l’annonce des résultats, M. Michel a tenu à féliciter d’abord les militants du MR pour leur mobilisation. “L’importance de la participation (53,95% des membres) donne une grande légitimité à cette élection”, a-t-il souligné, se félicitant également de “l’intensité, la qualité et le respect des nombreux débats qui ont eu lieu pendant la campagne”.

M. Michel s’est aussi réjoui que la campagne se soit déroulée dans de bonnes conditions et qu’elle a été l’occasion “de réaffirmer les éléments fondamentaux de notre projet: le libéralisme, l’engagement francophone, et l’humanisme”.

“Comme je m’y étais engagé, je travaillerai sans relâche pour la cohésion et l’unité du Mouvement. Je souhaite que le MR, grâce à cette élection interne soit à nouveau en ordre de marche pour jouer un rôle positif et constructif pour notre pays”, a encore dit M. Michel.

Le président élu les libéraux francophones a aussi salué le rôle joué pendant ces dernières années par Didier Reynders. Il a aussi salué l’engagement de Daniel Bacquelaine.

“J’ai d’ailleurs eu avec les deux un entretien téléphonique pour leur exprimer mon souhait de travailler avec tout le monde pour le rassemblement et l’unité”, a conclu Charles Michel avant de lancé : “Maintenant, uni et au travail”.

Enfin, M. Michel a encore indiqué que, comme il l’avait annoncé, il démissionnera en tant que ministre de la Coopération au développement après son installation à la tête du parti le 14 février.