Le Belge ne croit plus les partis politiques

RICARDO GUTIERREZ

jeudi 16 février 2012, 08:39

La grande enquête décennale sur les valeurs des Belges montre qu'ils s'accrochent aux institutions de l'Etat social. En revanche, ils ne croient plus les partis politiques. Le populisme menace. Le dossier dans Le Soir

Le Belge ne croit plus les partis politiques

AFP

Les valeurs des Belges, leurs convictions, ont muté, en trente ans. Le citoyen de base tient bien davantage qu'hier à ses libertés individuelles. Il ne tolère plus que les grandes institutions – les partis, les syndicats, l'Eglise… – lui dictent sa façon de vivre. C'est le grand constat du volet belge de l'European Values Study (EVS), l'étude décennale sur les valeurs en Europe occidentale.

Singularité belge : le très haut taux de confiance accordé aux composantes de base de l'Etat-Providence, soit les soins de santé, l'enseignement, et la Sécurité sociale, qui affichent des scores nettement supérieurs aux pays voisins (à peine 39 % des Allemands, par exemple, accordent leur confiance au système de santé).

Les Belges peu intéressés par la politique

L'attachement des Belges aux institutions de l'Etat-Providence est aussi le pendant d'une société particulièrement défiante à l'égard des partis politiques et du gouvernement, constatent les chercheurs (Liliane Voyé, Karel Dobbelaere et Koen Abts). Leur enquête relève que 69 % des Belges sont « assez peu » ou « pas du tout » intéressés par la politique.

La méfiance se manifeste dans toutes les catégories sociales : 65 % des citoyens estiment même la démocratie « trop indécise, trop bavarde » ; 40 % la jugent peu performante pour « maintenir l'ordre ».

Tous les tableaux explicatifs

L'essor des thèses antidémocratiques chez les jeunes et en Flandre inquiète les chercheurs, qui n'hésitent pas à évoquer le climat antipolitique et populiste des années 1930. Une atmosphère propice à l'essor de l'extrême-droite, disent-ils, appelant les décideurs politiques à réagir.

L'ouvrage qui synthétise les résultats belges de l'enquête, publié avec l'aide de la Fondation Roi Baudouin, est édité par Racine-Campus. Il s'intitule « Autre temps, autres moeurs ».