Hoyos renonce à 120.000 euros : « Juste du bon sens »

GIL DURAND

jeudi 08 mars 2012, 10:43

Emily Hoyos et Olivier Deleuze, nouveaux co-présidents d'Ecolo, ont renoncé à leurs indemnités de départ. « Ce serait irresponsable de garder cet argent », a réagi l'ex-présidente du Parlement wallon.

La nouvelle co-présidente d'Ecolo Emily Hoyos a renoncé aux indemnités auxquelles elle avait droit en tant que présidente du parlement wallon et députée, soit environ 120.000 euros. Olivier Deleuze a lui aussi renoncé à son indemnité de sortie parlementaire. En tant que chef de groupe au parlement fédéral, il aurait eu droit en tout à 150.000 euros, d'après Ecolo. Une initiative saluée par la majorité des internautes.

Emily Hoyos, renoncer à une telle somme, ce n'est pas courant…

« C'est pourtant le bon sens ! Je ne m'attendais à ce que ça fasse autant de bruit, c'est tellement logique : j'ai un travail, un salaire et c'est moi qui quitte mon poste. Chacun aurait fait la même chose, non ? Pourquoi ferais-je autrement ? »

« De plus, peu de personnes connaissent aussi bien que moi la situation financière du Parlement wallon. Tout le monde se serre la ceinture, ce serait irresponsable d'accepter cet argent quand on a porté, comme moi, le souci d'une gestion budgétaire sobre du parlement. »

Votre prédécesseur n'avait pas la même vision des choses…

« De toute façon, même si j'avais voulu conserver mes indemnités de départs, je n'aurais pas eu autant. En septembre 2009, le règlement a été modifié : on a supprimé les indemnités de départ spéciales et on a réduit à 10 % les indemnités de départ des présidents. »

« Je précise aussi que je n'aurais pas reçu un chèque de 120.000 euros du jour au lendemain – si la somme est bien exacte. J'aurais reçu, tous les mois, une somme qui correspond à mon salaire de députée auquel s'ajoute un bonus pour ma fonction de présidente du Parlement. »

Vous espérez inspirer vos successeurs avec cette décision ?

« Je fais ça pour moi-même. Dans ces questions-là, chacun doit prendre ses responsabilités. J'estime avoir agi en cohérence avec les principes qui animent ma famille politique et mon éthique personnelle. »

C'est d'autant plus courageux de renoncer à cette somme que vous allez gagner moins comme co-présidente qu'en tant que présidente du Parlement wallon.

« Paradoxalement, je vais gagner moins sur papier mais en fait, je vais gagner plus. En tant que mandataire Ecolo, je rétrocédais une partie de mon salaire au parti, soit plus-ou-moins 50 %. Au final, je vais donc sans doute gagner un peu plus en tant que co-présidente. »

« C'est spécifique à Ecolo, le but est que ceux qui occupent des fonctions moins rémunératrices gagnent un peu mieux que les barèmes publics prévus ; et inversement… »

Trouvez-vous que votre rémunération de présidente était trop élevée ?

« A mon arrivée, j'ai réduit de moitié mon salaire de présidente, pour que le salaire soit davantage décent par rapport à la fonction. par ailleurs, dans ma famille Ecolo, on l'a encore diminué pour rester dans des rémunérations qui correspondent à notre éthique. »