Bellens gagne 10 fois plus que Di Rupo : « inacceptable » pour le MR et Ecolo

PATRICIA LABAR

lundi 19 mars 2012, 18:06

Les patrons des entreprises publiques sont trop payés et cela doit changer, estiment le MR et Ecolo. Le PS réplique qu’il a déposé en 2011 un ensemble de propositions de loi visant à limiter ces rémunérations. On en parle avec David Coppi ce mardi à 11h02

Bellens gagne 10 fois plus que Di Rupo : « inacceptable » pour le MR et Ecolo

Charles Michel et Elio Di Rupo, © Belga

Le président du MR Charles Michel veut limiter les hauts salaires dans les entreprises publiques. Le président du MR Charles Michel veut limiter les hauts salaires dans les entreprises publiques. Dans un communiqué il presse le ministre des Entreprises publiques Paul Magnette (PS) d’agir dans ce domaine.

« Le gouvernement est installé depuis plus de cent jours et nous n’avons toujours rien vu, rien entendu de la part du ministre des Entreprises publiques chargé de rédiger un plan visant à mieux encadrer les grands salaires dans les entreprises publiques », dit M. Michel, qui précise que pendant cette même période, « d’autres ministres ont mis en œuvre une réforme des pensions ou ont élaboré un plan pour encadrer le coût de l’énergie ».

Le président du Mouvement Réformateur réagit ainsi à la publication du salaire du patron de Belgacom, Didier Bellens qui a gagné 2,6 millions bruts en 2011.

Bellens gagne 10 fois plus que Di Rupo

Pour lui, il « n’est pas acceptable moralement et éthiquement, qu’un patron d’une entreprise publique, qui reçoit donc de l’argent du contribuable, touche un salaire 10 fois plus élevé que celui du premier ministre ».

Le MR propose, comme défendu lors de la formation du gouvernement, de limiter le montant des hauts salaires dans les entreprises publiques au maximum à celui du premier ministre.

M. Michel annonce encore que député fédéral David Clarinval déposera au nom du MR une proposition de loi en ce sens.

Ecolo : « Que les partis passent à l’acte »

« Après les prises de position outragées des uns et des autres, les Verts n’attendent qu’une chose des partis traditionnels, prompts à s’émouvoir mais lents à la détente quand il s’agit de changer réellement les choses, qu’ils passent enfin à l’acte », disent les députés Muriel Gerkens, Georges Gilkinet et Stefaan Van Hecke. Pour eux, le salaire des patrons des entreprises publiques devrait être plafonné à celui de leur ministre de tutelle.

« Cela fait de nombreuses années que les écologistes réclament des mesures fortes pour limiter les rémunérations et les avantages accordés aux patrons d’entreprises, à commencer par celles détenues ou soutenues par les pouvoirs publics, qui devraient être exemplaires quant à leurs pratiques salariales », selon un communiqué.

« Malheureusement, les partis traditionnels et les différents ministres en charge des entreprises publiques ont préféré jusqu’ici se cantonner aux intentions et reporter à plus tard ces décisions pourtant urgentes pour limiter l’écart salarial et recréer la confiance du citoyen », ajoutent les députés.

Une proposition de loi a été déposée par le PS

Du côté du PS, la porte-parole a publié sur Twitter un « petit rappel pour ceux qui n’auraient pas lu, pas entendu », avec un lien vers les propositions de loi sur le sujet déposées l’an dernier par quatre parlementaires socialistes (Olivier Henry, Yvan Mayeur, Guy Coëme et Christiane Vienne). Dans les entreprises publiques, les élus PS proposent de limiter à 20 l’écart entre le salaire médian et le salaire le plus élevé.

« Il faut aller encore plus loin »

Il y a un an, le groupe PS déposait 3 propositions de loi dans le but précisément de lutter contre les salaires fous et les bonus insensés des grands patrons. Si les députés PS se réjouissent de l’unanimité médiatique qui semble se dégager aujourd’hui, ils regrettent cependant qu’elle ne soit pas manifestée plus tôt, lorsqu’il s’agissait de passer aux actes en soutenant leurs propositions.

Pour le groupe PS de la Chambre, il faut aller encore plus loin et moraliser les rémunérations dans l’ensemble du monde économique. Des primes de l’ordre de 135 millions euros comme celle accordée au CEO d’InBev, sont totalement choquantes, d’autant qu’elles sont moins taxées que le salaire. La décence et l’indignation ne devraient pas s’arrêter aux portes des entreprises publiques.

(avec Belga)