Prisons : « Les détecteurs rendent les détenus plus violents »

Rédaction en ligne

lundi 16 avril 2012, 20:15

La section belge de l’Observatoire international des prisons affirme que les scanners sont déjà utilisés en Belgique. « Ils ne résolvent pas le problème. » L’Observatoire conseille plutôt d’investir dans la sécurité relationnelle.

Prisons : « Les détecteurs rendent les détenus plus violents »

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Installer des détecteurs de métaux supplémentaires dans les prisons est une solution technique mais ne résout aucun problème, a estimé lundi la section belge de l’Observatoire international des prisons. Il plaide pour améliorer la « sécurité dynamique et relationnelle » des prisons. Une réponse à la proposition qui a été faite par la ministre de l’Intérieur Annemie Turtelboom ce dimanche et qui annonçait que 800.000 euros seraient débloqués afin de financer l’achat de scanners permettant de détecter des métaux sur les prisonniers. Une mesure qui doit notamment empêcher les cas de prise d’otage des gardiens, comme cela a récemment été le cas à Andenne et Arlon.

Ce genre de détecteurs rend les détenus plus violents

« Ce genre de détecteurs existe déjà en Belgique », indique Florence Dufaux, membre de l’Observatoire international des prisons (OIP). Selon elle, des scanners supplémentaires ne résoudraient pas fondamentalement les problèmes qui existent actuellement. « Les détenus trouvent des subterfuges face à ce genre de dispositifs. Ceux-ci les rendent aussi généralement plus violents », poursuit Florence Dufaux.

Investir dans la sécurité relationnelle

L’OIP estime qu’il faudrait mieux investir dans la sécurité relationnelle, entre les gardiens et les détenus. « Il faut des solutions structurelles, instaurées dans le cadre d’une politique cohérente », ajoute Florence Dufaux. Un point sur lequel Philippe Hensmans, directeur de la section francophone belge d’Amnesty International, la rejoint. « La surpopulation dans les prisons ne permet pas de réflexion calme et à long terme », déplore-t-il.

(avec Belga)