La ministre Laanan refuse de condamner les propos de Moureaux

Rédaction en ligne

mercredi 18 avril 2012, 16:25

Fadila Laanan s’abstient en tant que ministre mais juge les propos de Moureaux « tout à fait malheureux », en tant que citoyenne.

La ministre Laanan refuse de condamner les propos de Moureaux

©Belga

Fadila Laanan s’est abstenue mercredi, en tant que ministre de l’Audiovisuel, de condamner les propos du bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux rapprochant le récent reportage sur l’islam de « Questions à la une » de la propagande nazie, mais a jugé, « en tant que citoyenne », ces propos « tout à fait malheureux ».

« La liberté de la presse et la liberté d’expression sont des droits fondamentaux ; il ne m’appartient pas, en tant que ministre de l’Audiovisuel, de commenter quelque position d’un citoyen », a-t-elle dit à propos du vice-président du Parti socialiste, interrogée en séance plénière par Jean-Claude Defossé et Pierre-Yves Jeholet.

« Je ne commente jamais le contenu des émissions, sauf pour The Voice, qui est une émission de divertissement » ayant fait débat au parlement, a-t-elle ajouté, se retranchant derrière cette retenue ministérielle.

En revanche, « en tant que citoyenne, ces propos sont tout à fait malheureux », a-t-elle ajouté.

À ses yeux, « ils suscitent un amalgame regrettable ainsi qu’une polémique inutile, car le débat ne porte plus sur le fond, mais sur les déclarations elles-mêmes ». Fadila Laanan a dit vouloir « s’en tenir à cela, préférant se battre pour ce qui fédère que pour ce qui oppose les uns aux autres ».

Jean-Claude Defossé, qui s’était dit « scandalisé et outré » par les propos de M. Moureaux, a qualifié la réaction ministérielle « d’un peu petit bras ». « Cela méritait un qualificatif plus musclé ».

Pierre-Yves Jeholet a jugé la réaction de Mme Laanan « légère ». Il a déploré la « mollesse » du gouvernement qui ne condamne pas davantage de tels propos, « dont la banalisation est dangereuse pour la démocratie ».

(Belga)