Prisons : les syndicats veulent des engagements, Turtelboom refuse

Rédaction en ligne

mardi 24 avril 2012, 19:21

Le gouvernement a décidé de procéder à des économies, cela se traduirait pour les prisons par une réduction de 393 postes, qui ne seront pas renouvelés. Les syndicats sont outrés.

Prisons : les syndicats veulent des engagements, Turtelboom refuse

Annemie Turtelboom et les représentants des syndicats, © Belga

Alors que la ministre de la Justice a annoncé mardi aux syndicats que le kern se penchera mercredi sur un projet de réduction des effectifs au sein des établissements pénitentiaires, elle a confirmé à l’agence Belga qu’elle allait défendre le maintien du cadre actuel. La ministre Annemie Turtelboom souhaite conserver le cadre actuel compte tenu notamment de la création et rénovation annoncées de cellules. Les syndicats, revendiquent, eux, des engagements pour compléter le cadre.

Le gouvernement a décidé de procéder à des économies linéaires dans tous les départements, rappelle le cabinet de la ministre. Cela se traduirait pour les établissements pénitentiaires par une réduction de 393 postes, qui ne seront pas renouvelés.

La mesure devra être débattue mercredi lors d’un conseil des ministres restreint. La ministre de la Justice elle-même souligne qu’il serait inapproprié de réduire les effectifs pour procéder ensuite à des engagements en vue de la création de nouvelles cellules.

Pour cette année, 250 cellules devraient être rénovées, notamment dans la prison de Saint-Gilles. La ministre a annoncé mardi aux syndicats la création dans le courant de cette année de 25 cellules à la prison de Tongres pour jeunes délinquants et de 30 cellules à Berkendael pour des délinquants condamnés à des peines légères. La ministre n’envisage pas d’engagements supplémentaires par rapport à ces nouvelles places cette année.

La ministre a enfin annoncé des mesures déjà proposées aux syndicats, comme l’installation de portiques de sécurité ou le durcissement des peines contre les détenus qui se montrent violents à l’égard des gardiens de prison. Ces dernières mesures sont accueillies positivement par les syndicats.

« La ministre a un comportement schizophrène »

Les syndicats CSC-Justice et SLFP menacent de partir en grève à l’échéance du préavis de grève déposé après une prise d’otages à la prison d’Arlon, soit à partir de dimanche, si le conseil des ministres devait approuver mercredi le projet de supprimer dès cette année 393 postes au sein des établissements pénitentiaires.

« La ministre a un comportement schizophrène. D’une part, elle répond aux demandes visant à davantage sécuriser les prisons en proposant des portiques de sécurité et d’autre part, elle annonce une réduction du personnel », a réagi Serge De Prez, secrétaire permanent CSC pour la Justice. Le délégué national du SLFP Pascal Verhelst a qualifié l’attitude du gouvernement de choquante, compte tenu du contexte, soit « des prises d’otages et une situation explosive dans les prisons depuis des mois ».

Du côté de la CGSP, on ne souhaite pas mettre la charrue avant les bœufs et on n’évoque pas encore de menaces de grève même si le préavis est maintenu. Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP-Prisons, estime « pour le moins maladroite » l’annonce du gouvernement après le dépôt d’un préavis de grève.

Les trois syndicats se plaignent d’un manque d’effectifs. S’ils reconnaissent que le cadre théorique actuel est rempli, ils précisent toutefois qu’il manque des agents sur le terrain en raison des congés de maternité ou parentaux, des pauses carrière, des formations, etc. Ils considèrent « les ministres totalement décalés de la réalité ».

Les syndicats soulignent que le gouvernement envisage de ne plus remplacer les départs à la retraite ou renouveler l’emploi de contractuels malgré l’ouverture de nouvelles capacités, comme à Marche l’an prochain.

Les syndicats réclamaient depuis plusieurs semaines le plan du personnel auprès de la ministre de la Justice. Ils espéraient que le personnel pénitentiaire allait être épargné par les mesures d’économie du gouvernement, ont-ils indiqué mardi. Selon les trois syndicats, la ministre de la Justice s’est engagée mardi à défendre au kern le maintien du cadre actuel du personnel pénitentiaire. Les syndicats continuent de leur côté à réclamer une révision du coefficient visant à calculer le cadre du personnel en vue d’obtenir de nouveaux engagements.

Une nouvelle réunion entre syndicats et la ministre Turtelboom se tiendra jeudi vers 10H30.

(Belga)