Chute de Dexia: les administrateurs pas responsables

Rédaction en ligne

mercredi 09 mai 2012, 18:42

L'assemblée générale des actionnaires de Dexia a voté la décharge aux administrateurs du groupe, avec 82,25% des voix. Jean-Luc Dehaene a confirmé que Pierre Mariani et lui seraient partis au plus tard le 30 juin. Eric De Keuleneer répond à vos questions ce jeudi à 10h

 Chute de Dexia: les administrateurs pas responsables

Belga

Les actionnaires de Dexia, réunis mercredi après-midi en assemblée générale, ont accordé la décharge, à 82,25% de "oui", aux administrateurs du holding franco-belge pour l'exercice 2011. Le vote portait sur le conseil d'administration de Dexia pris dans son ensemble. Il semble que de nombreux actionnaires se soient abstenus de voter sur la question de la décharge, qui suscitait la polémique depuis plusieurs jours. Jean-Claude Marcourt, avait laissé entendre plus tôt dans la journée que le représentant de la Région wallonne à l'assemblée générale s'abstiendrait lorsque serait abordée la question de la décharge des administrateurs. Le gouvernement flamand voulait quant à lui que l'AG reporte ce point sans quoi l'exécutif flamand menaçait de refuser d'accorder la décharge aux administrateurs.

Toutes les autres résolutions qui figuraient à l'agenda de l'assemblée générale ordinaire ont été approuvées, parmi lesquelles la nomination définitive d'un nouvel administrateur indépendant, Claude Piret, et le renouvellement pour quatre ans des mandats d'administrateur de Francine Swiggers (Arco) et Catherine Kopp. Les résolutions figurant au menu de l'assemblée générale extraordinaire ont elles aussi été toutes approuvées, à plus de 99% de "oui", dont la réduction du capital de la société à concurrence de 4,118 milliards d'euros pour le ramener à 500 millions d'euros.

L'assemblée des actionnaires, qui se déroulait au centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre, a duré près de quatre heures et demi, dont une bonne partie consacrée aux questions de "petits" actionnaires. Au total, une petite centaine d'actionnaires étaient présents sur place. Si de nombreuses critiques ont fusé à l'égard des responsables de Dexia, pour leur gestion du groupe depuis l'automne 2008, singulièrement son CEO, Pierre Mariani, les débats sont restés plutôt calmes, très loin des atmosphères électriques vécues lors des assemblées générales de Fortis, en 2009.

"Au plus tard le 30 juin"

Pierre Mariani, administrateur-délégué du groupe Dexia, et Jean-Luc Dehaene, président du conseil d'administration, quitteront la holding franco-belge « au plus tard au 30 juin 2012 », a déclaré Jean-Luc Dehaene au cours de l'assemblée générale des actionnaires du groupe Dexia qui se tient mercredi après-midi à Woluwe-Saint-Pierre.

« Pierre Mariani et moi laisserons le temps nécessaire au gouvernement belge de prendre contact avec le nouveau gouvernement français », a laissé entendre Dehaene, évoquant les futurs changements à la tête du groupe résiduel, qui devrait en principe être dirigé à l'avenir par un CEO belge et un président français. Mariani a confirmé que cette assemblée générale des actionnaires était « probablement » sa dernière en tant que CEO.

Le parachute doré de Mariani ? « Il n'y a pas encore de demande »

La question du parachute doré de l'actuel CEO de Dexia a également été évoquée. Le montant de la prime de départ de Pierre Mariani avait été estimé à 1,2 million d'euros (12 mois de salaire fixe). Interrogé à ce sujet, Jean-Luc Dehaene a déclaré ce qui a été écrit ne correspond pas à la réalité : « A ce jour, il n'y a pas de demande. Il y aura une négociation qui interviendra quand M. Mariani sera remplacé par quelqu'un d'autre ».

« Ce sera une décision prise par les deux gouvernements. Le gouvernement belge se concertera avec le nouveau gouvernement français », a insisté Jean-Luc Dehaene.

Mariani critique les agences de notation

Pierre Mariani, le CEO de Dexia, a ensuite à nouveau critiqué le rôle néfaste des agences de notation : « Une fois de plus les agences de rating ont provoqué la crise », dit-il. « Quand elle le signale un risque, elle le provoque. » La succession de mise sous surveillance des notes de Dexia par Moody's et Standard and Poor's entre mars et septembre a provoqué la disparition de 38 milliards de financement non sécurisé pour Dexia. Une fuite de liquidités qui était « non rattrapable », pour Pierre Mariani et qui a donc mené à la décision de démanteler le groupe.

« J'espère que la cession de la BIL et de RBC pourra être finalisée au cours du troisième trimestre », a encore ajouté le patron de Dexia.

La continuité de Dexia pourrait être remise en question si… « nous n'avons pas l'accord de la Commission européenne (sur notre plan de restructuration), ni un accord sur une garantie définitive de 90 milliards et si ces garanties n'ont pas de coûts non disproportionnés eu égard à la capacité financière du groupe. Sinon, cette hypothèse de continuité d'exploitation du groupe serait remise en question », a indiqué Pierre Mariani, qui a encore souligné la nécessité de bénéficier de financement bon marché des Banques centrales.

« Nous ferons tout notre possible pour que la transition soit la plus complète et la plus apaisée, pour que les décisions soient prises sans délais, au service de l'intérêt du groupe et des états garants », a poursuivi Mariani.µ

Pierre-Henri Thomas, avec Claude De Decker, Gil Durand, Jennifer Fileccia (st.) et belga