Les allocations de chômage réduites de 25% : « On va plonger les gens dans la pauvreté »

Rédaction en ligne

jeudi 10 mai 2012, 17:52

Les allocations de chômage diminueront, par phases, en moyenne de 25% à partir de novembre. Pour Philippe Defeyt, ça amènera encore davantage de chômeurs dans les CPAS.

Les allocations de chômage réduites de 25% : « On va plonger les gens dans la pauvreté »

Les allocations de chômage diminueront, par phases, en moyenne de 25% à partir de novembre. Il existe un consensus en ce sens, que la ministre de l’Emploi Monica De Coninck (sp.a) va traduire dans un arrêté royal, écrivaient La Dernière Heure, Het Nieuwsblad et De Standaard dans leurs éditions de ce jeudi. Objectif : inciter les chômeurs à trouver plus rapidement un emploi.

Ces mesures ne touchent en fait qu’un peu moins de la moitié des chômeurs, soit environ 130.000 des 300.000 personnes qui perçoivent une allocation. Les chefs de ménage verront une diminution de 12%, les isolés une baisse de 17,5%. Les cohabitants seront les plus touchés: leurs allocations diminueront de 41,5%, à 484 euros par mois. La diminution se fera par phases.

« Il n’y a pas de travail pour tout le monde »

Pour Philippe Defeyt, économiste et président (Ecolo) du CPAS de Namur, cette décision aura une conséquence directe : davantage de chômeurs en situation de précarité. « L’avis de la Fédération des CPAS est simple : nous sommes persuadé qu’une baisse de ce montant apportera un public supplémentaire dans les CPAS », estime-t-il. « Ce seront des gens qui, malgré des allocations de chômage, devront demander des aides supplémentaires : pour payer leurs factures énergétiques, pour payer leurs soins de santé, etc. »

Mais au delà des craintes des CPAS, l’économiste critique la méthode. « Inciter les chômeurs à trouver plus rapidement un emploi, c’est très bien mais, actuellement, il n’y a pas du travail pour tout le monde, il n’y a pas assez d’emplois disponibles », argumente Philippe Defeyt. « De plus, on n’oublie trop souvent plusieurs aspects : les temps partiels ne suffisent plus, les frais pour se rendre à son travail ou pour faire garder ses enfants augmentent, etc. »

En conclusion, Philippe Defeyt estime que « réduire les allocations de chômage de 25%, sans amener davantage de sans-emploi au travail, va augmenter le nombre de personnes qui éprouveront des difficultés à joindre les deux bouts à la fin du mois... »

Gil Durand, avec Belga