Après avoir déjà joué d’ironie ce matin à la radio sur la Première, Didier Reynders est allé un peu plus loin ce jeudi au perchoir du Sénat. Ce matin, sur les ondes de la RTBF, il ironisait ainsi sur l’état des routes wallonnes « Je rentre d’Afghanistan, les routes ne sont pas bonnes… Mais quand on vient de Wallonie, on s’habitue ».
De quoi allumer les premiers feux, et susciter une interpellation de Philippe Moureaux, qui lui lance, alors que le Ministre des Affaires étrangères monte au perchoir pour répondre à une question du sénateur Danny Pieters (N-VA), « Ah, voilà l’Afghanistan ».Comme le relate le site Sudinfo.be, devant l’assemblée, et du tac au tac, Didier Reynders lui répond « J’aurais mieux fait d’aller à Molenbeek, c’est plus près mais c’est aussi l’étranger ».
« Il y a des limites à ne pas dépasser »
L’affaire est relayée par la députée bruxelloise Zakia Khattabi, via son fil Twitter qui s’indigne : « Scandaleux ». « Didier Reynders est coutumier des déclarations chocs. Je n’ai aucun problème avec l’ironie et le cynisme, mais il y a des limites à ne pas dépasser », estime la sénatrice Ecolo. « Considérer que les gens qui vivent à Molenbeek sont toujours des étrangers – alors que beaucoup sont issus de la 2e ou 3e génération et sont Belges – c’est une insulte pour ces citoyens ! ».
Pour Zakia Khattabi, même si c’est la première fois que Didier Reynders tient ce genre de propos, « ce genre de dérapage n’est pas acceptable pour un Ministre ». Christie Morreale, sénatrice PS, a elle aussi parlé de « dérapage ».
Moureaux « enfant de coeur »
« Molenbeek une commune de 94.000 habitants bien ancrée dans son pays ; notre Belgique, n’en déplaise à certains… », réagissait le bourgmestre de Molenbeek en soirée. « J’ai l’impression d’être un enfant de choeur par rapport aux dérapages de Reynders et de Clerfayt… »
Reynders : « Si mes propos ont heurté, je le regrette »
« Il s’agissait d’un échange vif et ironique, comme c’est souvent le cas avec Philippe Moureaux. Si j’ai heurté quelqu’un, je le regrette », a commenté Didier Reynders.
Le ministre a ajouté qu’il était resté au Sénat encore longtemps après cet échange et qu’aucun sénateur n’a réagi à ses propos. « Cela n’a provoqué aucun débat ni commentaire. Je regrette que certains préfèrent utiliser les réseaux sociaux en sortant les propos de leur contexte plutôt que de réagir au sein même de l’assemblée. »
(G.D, CLDD)