Pénurie d’électricité en Belgique ? « Un problème politique »

Rédaction en ligne

jeudi 10 mai 2012, 16:08

La sortie du nucléaire doit-elle être retardée pour éviter les problèmes d’approvisionnement ? Pour Greenpeace, « plusieurs solutions alternatives sont envisageables ».

Pénurie d’électricité en Belgique ? « Un problème politique »

La première version du plan d’équipement électrique du pays a été présentée au secrétaire d’État à l’Énergie Melchior Wathelet. Selon ce rapport, la fermeture des sept réacteurs nucléaires entre 2015 et 2025 causerait d’importants manques en électricité dans tout le pays. Le gouvernement pourrait donc maintenir allumé en 2015 une centrale sur les trois fermetures prévues par la loi de 2003. Une décision qui n’est pas nécessaire selon Joëlle Hérin, responsable de la campagne Énergie de Greenpeace.

Que pensez-vous des conclusions de ce rapport ?

« Nous n’avons pas encore pu voir ce document, il est encore confidentiel. Je trouve cela étrange que des informations circulent alors qu’il ne s’agit pas de sa version définitive. Sans compter que l’Observatoire de l’énergie n’a pas encore rendu un avis scientifique sur la question. »

« De plus, nous n’avons pas de preuves que les politiques énergétiques aient été prises en compte correctement. Il me paraît donc trop hâtif d’affirmer qu’il y aura des manques d’électricité importants. Nous attendons la version finale du rapport pour nous prononcer. »

Quelles solutions alternatives proposez-vous à l’énergie nucléaire ?

« Plusieurs solutions sont envisageables. Les économies d’énergies tout d’abord. Ensuite, les mesures permettant les pics énergétiques tels que la station de pompage de Coo. L’énergie y est stockée pendant la nuit pour être utilisée quand on en a besoin. Il serait utile par exemple d’augmenter la capacité de cette station de pompage. »

« Il y a des milliers d’entreprises, disons plus ou moins 26 000, qui consomment beaucoup d’électricité et dont les compteurs sont relevés manuellement une fois par mois ! Elles pourraient avoir recours à des compteurs « intelligents » . Une gestion intelligente permettrait de diminuer les pics de consommation d’énergie. »

« Comme vous le voyez, il existe une multitude de pistes qui peuvent être envisagées. Reporter encore de 10 ans la fermeture des réacteurs nucléaires n’est pas nécessaire. »

Peut-on se passer définitivement du nucléaire ?

« Cela prendra du temps pour parvenir à se passer du nucléaire, je ne prétends pas qu’il faille fermer toutes les centrales aujourd’hui. Néanmoins c’est raisonnable d’en fermer trois en 2015. C’est faisable si le gouvernement se détache de sa dépendance au nucléaire et envisage les pistes qui rendraient possible ces fermetures. Et puis les acteurs dominants tels que GDF Suez Electrabel ne laissent pas de nouveaux acteurs investir sur le marché. »

« C’est donc plus une décision politique qu’une décision technique ! La vraie question est donc : le gouvernement va-t-il prendre les mesures nécessaires pour rendre possible la fermeture de ces centrales ? »

Jennifer Fileccia (St.)