La réforme du chômage, mode d'emploi
BERNARD DEMONTY
mardi 29 mai 2012, 08:20
La réforme n'entrera en vigueur qu'en novembre, mais sa teneur est désormais connue. Le nouveau système fonctionnera en quatre phases. Monica De Coninck se défend dans Le Soir
©Sylvain Piraux - Le Soir
La réforme n'entrera en vigueur qu'en novembre, mais sa teneur est désormais connue. Le système des allocations de chômage va subir un profond bouleversement. Actuellement, les montants diminuent avec le temps. Mais cette « dégressivité » va être renforcée. Certains ont évoqué des baisses globales de 25 % des allocations de chômage, au total. « C'est faux », dit le cabinet de Monica De Coninck, ministre de l'Emploi. « Les montants ne changent pas. Ce qui est vrai, c'est qu'on passera plus vite vers des montants d'allocations inférieurs. » Le nouveau système fonctionnera en quatre phases.
Première phase. Durant la première phase, d'une durée de 12 mois, les allocations seront relevées. Cette première phase se déroule en trois étapes. Dans les trois premiers mois, les allocations sont fixées à 65 % du dernier salaire, plafonné à 2.324 euros brut. Actuellement, la proportion est de 60 %. Les trois mois suivant, la proportion retombe à 60 %. Durant les six mois qui restent, on reste à 60 %, mais le dernier salaire est plafonné à 2.166 euros brut.
Deuxième phase. Le chômeur qui n'a pas retrouvé de travail rentrera dans une deuxième phase. Elle durera au minimum deux mois. Mais elle pourra se prolonger. Ce sera le cas pour les personnes ayant travaillé avant d'entrer au chômage. Pour eux, la deuxième phase durera deux mois supplémentaires par année travaillée, avec un maximum de dix mois. Durant cette phase, l'allocation maximale sera de 1.238 euros pour un cohabitant avec charge de famille, 1.111 euros pour un isolé et 826 euros pour un cohabitant sans charge de famille.
Troisième phase. Le demandeur d'emploi qui n'est pas parvenu à trouver un job va rentrer dans une troisième phase. Pour savoir combien de temps une personne restera dans cette phase, on tiendra à nouveau compte des années où elle a travaillé. La durée maximale de cette phase sera de 24 mois. Sans rentrer dans le détail de calculs très techniques, retenons que, durant cette phase, le chômeur aura droit, au maximum, à 1.209 euros comme cohabitant, 1072 euros comme isolé et 757 euros comme cohabitant.
Quatrième phase. Dans cette dernière phase, le chômeur n'aura plus droit qu'à un forfait. Il sera de 1.090 euros pour un cohabitant avec charge de famille, 916 euros pour un isolé et 484 euros pour un cohabitant. Il ne s'agit pas de montants maxima, mais des montants que toucheront tous les chômeurs arrivés à cette phase, car c'est un forfait.
Entre la première et la dernière phase, un cohabitant avec charge de famille aura vu son allocation se réduire de 12 %, contre 17,5 % pour un isolé et 41,5 % pour un cohabitant. « C'est déjà le rythme actuel. Ce n'est pas nouveau », tient à préciser le cabinet de la ministre de l'Emploi. Vrai, mais dès l'entrée en vigueur de la réforme, on passera plus vite au forfait de phase 4 que dans le système actuel, mais jamais avant 14 mois de chômage, et au maximum 4 ans après l'inscription au chômage.