Younes est mort étouffé

Rédaction en ligne

jeudi 07 juin 2012, 14:14

Les légistes ont confirmé que le petit Younes avait bien été étouffé. Ce qui exclut la mort par noyade. Mais un nouvel élément vient alimenter le procès : la présence d’un poil pubien sur le sexe du petit garçon. Ce poil n’appartient pas au père de Younes. Suivez les auditions en direct commenté

Younes est mort étouffé

© AFP

Les experts légistes ont confirmé devant la cour d’assises du Hainaut, au deuxième jour du procès de Mohamed Jratlou, accusé du meurtre de son fils Younes, que l’enfant était mort par étouffement mécanique.

Mais un nouvel élément a été découvert durant l’autopsie du petit garçon. Un poil pubien a été découvert sur le sexe de l’enfant, selon une source proche de l’affaire Younes. Celui-ci n’appartient pas à Mohamed Jratlou, le père de l’enfant. La présence incongrue de ce poil relance la thèse du « prédateur », selon laquelle Younes aurait été intercepté par un « prédateur sexuel » après qu’il se soit échappé du domicile familial. Une piste plus qu’incertaine puisque le corps du petit garçon a passé presque dix jours plongé dans l’eau, affirme notre source.

L’enfant a subit des violences avant l’étouffement

L’autopsie, qui exclut formellement la noyade, l’accident ou les abus sexuels, établit que le décès de l’enfant résulte d’une compression thoracique importante et vraisemblablement d’une occlusion des voies aériennes.

Concernant la force de compression, le processus létal étant vite engagé chez un jeune enfant, elle peut avoir été effectuée tant par un adulte que par un enfant plus grand. D’après les légistes, la syncope serait survenue rapidement, suivie d’un coma puis de la mort, moins de trois minutes après les manoeuvres d’étouffement.

Selon les médecins légistes, les lésions faciales s’apparentent à un coup de poing ou à une pression douloureuse mais pas à une gifle. En fin de matinée ce sont les experts psychiatres et psychologues qui seront entendus.

Mohamed Jratlou affiche une façade rigide

Ce qui a frappé l’expert psychiatre dans les discours de l’accusé, c’est une discordance significative entre les faits et la manière dont il les appréhende. « On a quelqu’un qui a perdu un fils, qui se dit triste, et qui ne manifeste aucun chagrin », a indiqué le médecin, précisant qu’une impulsivité avec une capacité de passage à l’acte physique lorsqu’il est dérangé ou irrité était perceptible derrière cette façade rigide.

L’analyse systémique de la famille révèle un noyau cloisonné jusqu’en 2004, au moment où Mohamed Jratlou perd son travail et où son épouse, Naïma Zraidi, doit s’ouvrir vers l’extérieur. « Une crise dégénérante qui va jusqu’à une folie de couple où, dans un paroxysme de violence, elle quitte la maison, laissant ses enfants. Puis, plus rien », a expliqué l’expert psychologue.

Concernant Wasir, qui reste figé, retenu, montrant peu d’affect, la question reste entière pours les experts. Est-il rigide par loyauté ? Par culpabilité ? Ou par une certaine dissociation avec les faits subis ? « La disparition de Younes a été traumatisante et Wasir occulte une partie des faits. Mais il est aussi conscient des répercussions que son témoignage peut apporter », a indiqué le témoin.

Les avocats des différentes parties ont demandé à visionner, au début de semaine prochaine, la vidéo des auditions de Wasir ainsi que celle des trois camarades de classe de Wasir à qui l’enfant s’est confié. La vidéo du test du polygraphe passé par Mohamed Jratlou sera également projetée.

En fin d’audience, Mohamed Jratlou a pris la parole. « Je pleure quand je suis seul. Je suis triste. C’est mon fils, c’est mon sang. Je n’ai pas tué mon fils », a affirmé l’accusé en sanglotant.

D’autres témoins seront entendus jeudi après-midi, dont la mère de Younès, Naïma Zraidi.

Polina Vorobieva avec Belga