Tax Freedom Day : « Quelque chose ne tourne pas rond avec nos impôts »

Anaïs Martinez

mercredi 13 juin 2012, 18:56

C’est quoi le Tax Freedom Day ? Sans remettre en question l’utilité des impôts, les initiateurs tentent de s’interroger sur « ce qui est fait avec notre argent ».

Tax Freedom Day : « Quelque chose ne tourne pas rond avec nos impôts »

DRodenbach

Ce jeudi, symboliquement, le contribuable belge commence à travailler pour lui même, et non plus pour l’Etat. Cette année, le Tax Freedom Day tombe huit jours plus tard que celui de l’année passée. Frank Diercks, managing partner de PWC Tax Consultant réponds à nos questions.

En quoi consiste le Tax Freedom Day ?

« L’idée vient des Etats-Unis. Cela consiste en un calcul assez simple. À partir du PIB, c’est-à-dire tout ce qui est produit dans le pays, nous calculons tous les impôts perçus. Le chiffre est en suite divisé en 365 jours. Cela nous donne une idée du temps que l’on doit travailler pour payer tous les impôts. »

« Précisons tout de même qu’il s’agit là de tous les impôts ensemble. Cela répond uniquement à la question du temps qu’il faut à un pays entier pour payer tous les impôts. Il n’est pas possible de dire, avec ce calcul, si les personnes physiques payent davantage que les sociétés. »

La démarche n’est-elle pas populiste ?

« Non, c’est purement mathématique. L’année passée, le PIB était de 367 milliards. L’impôt s’élevait à 160 milliards. Cette année le PIB va monter de 10 milliards, mais les impôts vont augmenter de 9 milliards. Cela signifie que sur tout ce qu’on produit en plus cette année, l’impôt est de 90 %. Ce n’est pas populiste, c’est un chiffre avancé par l’État lui-même. »

Que dénoncez-vous ?

« À partir du calcul, nous pouvons constater le niveau de pression fiscale d’un pays et le comparer avec d’autres. Mais attention, cela ne sert à rien de comparer la Belgique aux Etats-Unis, où le Tax Freedom Day tombe beaucoup plus tôt mais où la couverture sociale y est bien moins importante. Il convient de comparer la Belgique avec les pays scandinaves par exemple. La fiscalité y est lourde mais les services rendus aux citoyens sont bien plus conséquents. »

« Ce que nous voulons démontrer, c’est que quelque chose ne tourne pas rond. Ce n’est pas une question de combien on paye, mais de ce qu’on reçoit en retour de l’État. On remarque que ces dernières années, l’État a ponctionné plus sans nous donner plus. »

Vous ne niez donc pas l’utilité des impôts ?

« Aucunement. Naturellement tout le monde aimerait que les impôts soient moins élevés mais c’est le prix à payer pour bénéficier de la sécurité sociale, l’éducation, les routes… Cependant, on peut se poser la question de l’efficacité. Est-ce que nos routes sont si bien entretenues ? »

« Il n’est pas normal que nos impôts augmentent mais que les citoyens n’obtiennent rien de plus. Nous avons le 6e plus grand budget de tous les pays recensés mais en efficacité, nous occupons seulement la 13e place. »