Sécurité  : «  Le MR n'est pas cohérent  »

Rédaction en ligne

vendredi 15 juin 2012, 09:11

La ministre de l'Intérieur a répondu aux accusations De Wolf sur son plan sécurité. « Je demande un rectificatif au président du MR », a affirmé Milquet qui pointe l'ignorance du membre du MR en la matière. Le débat sécurité dans Le Soir

Le chef de groupe MR au Parlement bruxellois et vice-président de la conférence des bourgmestres bruxellois, Vincent De Wolf a lancé un pavé dans la marre en dénonçant « l'irresponsabilité » de la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet, qui ne « fait rien » alors que le niveau d'alerte terroriste a été levé, et plaide de son côté pour que la Belgique s'inspire du plan Vigipirate français.

La ministre de l'Intérieur répondu à ces accusations sur les ondes de la Première ce matin. Elle point d'abord l'ignorance de Vincent De Wolf en la matière : « Je pense que M. Dewolf s'est trompé parce qu'il ne connaît pas les niveaux d'alerte. Pour l'instant, on est au niveau 3. Quand on est au niveau 4, ce qui est le maximum – nous l'avions enclenché lors des attentats du CCC – alors on peut mettre l'armée en place. Aujourd'hui, on n'en est pas là. Il faut être particulièrement vigilant à l'encontre des policiers et de certaines zones de police à risque. Mais tout cela est de la compétence des chefs de zone. »

Joëlle Milquet a tenu à défendre la politique de sécurité qu'elle a mise en place. « Je déteste les polémiques. Ce que raconte Vincent De Wolf est un tissu de mensonges. C'était totalement faux et indécent. Je veux qu'on travaille dans ce gouvernement. Et pour cela, ce gouvernement doit s'entendre. »

« Je demande un rectificatif à Charles Michel »

La ministre de l'Intérieur a affirmé qu'elle demanderait au président du MR de réagir sur les propos de son chef de groupe au Parlement bruxellois. « Je demande un rectificatif à Charles Michel, c'est au président du MR de réagir. J'ai trouvé cela déloyal. Ces polémiques sont tellement déplacées qu'elles en deviennent ridicules. »

Milquet demande un financement supplémentaire au gouvernement. Un projet qui lui avait été refusé en février à cause du MR, selon elle. « Je demande 12 millions d'euros supplémentaires pour accroître la présence policière en engageant 300 policiers supplémentaires. C'est un projet que j'avais déjà proposé en février, mais que le MR avait refusé. Je demande au MR un peu de cohérence. Je présenterai mon plan sécurité aux bourgmestres aujourd'hui. A la place d'un « plan Vigipirate », il faut mettre en place un corps de sécurisation des bâtiments officiels mais aussi des endroits à risque. »

Di Rupo dénonce la récupération du MR

Le Premier ministre Elio Di Rupo a affirmé vendredi dans Metro vouloir mettre une terme au « sentiment d'impunité » en sanctionnant tout acte réprimé, mais a également dénoncé les « récupérations politiques » du MR en la matière.

Le chef du gouvernement rencontre ce vendredi les bourgmestres des plus grandes villes du pays pour évoquer avec eux la sécurité.

S'il insiste sur la prévention pour la prochaine note-cadre du gouvernement sur une « sécurité intégrale », il souligne aussi qu'elle va de pair avec la répression. « Nous voulons vraiment mettre un terme au sentiment d'impunité. Il faut que tout acte réprimé soit sanctionné : assignation à résidence, travail d'intérêt général, etc. Même pour un délit comme un vol de sac à main. » Interrogé sur la volonté du MR d'élaborer un plan similaire au Vigipirate français, où des militaires seraient associés à des tâches policières en cas de besoin, Elio Di Rupo (PS) qualifie cette proposition de « récupération politique, qui n'est pas de mise sur un sujet aussi important ».

« La Belgique a tous les outils » à disposition, estime-t-il, citant les services de renseignement et de sûreté de l'Etat ainsi que la collaboration entre les polices. Il confirme la volonté gouvernementale d'interdire les organisations qui propagent la haine ou la violence.

Parler d'échec de l'intégration, comme plusieurs responsables MR l'ont fait en visant certains quartiers ou le multiculturalisme, relève aussi à ses yeux de la récupération politique.

« La question ne se pose pas en termes de nationalité mais en termes socio-économiques. » Outre le parcours d'intégration, « la vraie solution est de procurer des emplois et de permettre de vivre dignement, d'organiser une éducation permettant la construction de la personnalité », relève Elio Di Rupo. Dans le cas contraire, « on voit l'émergence de partis populistes ou extrémistes ».

Polina Vorobieva avec Belga