Marc Vandercammen : « Des erreurs, mais pas de faute »

RICARDO GUTIERREZ

vendredi 22 juin 2012, 23:08

Le directeur du Crioc s’est fait licencier. Il l’a appris par la presse. C’est un homme blessé, mais confiant, qui nous a livré sa réaction, vendredi soir.

Marc Vandercammen : « Des erreurs, mais pas de faute »

Marc Vandercammen, DR

Comment analysez-vous le revirement du conseil d’administration, qui vous avait blanchi, lundi soir ?

C’est rocambolesque. Je ne comprends pas. Lundi, les administrateurs diffusent un communiqué où ils constatent qu’il n’y a pas de harcèlement moral à me reprocher, ni de manipulations des enquêtes. Jeudi, une nouvelle réunion du conseil d’administration est convoquée. Et vendredi après-midi, j’apprends par la presse que j’ai été licencié.

Vous n’avez pas été prévenu ?

Je n’ai reçu ni un coup de téléphone ni un SMS. Rien. Je ne sais pas dans quelles conditions je suis licencié : me reproche-t-on une faute grave, dois-je prester un préavis ?

Certains confrères évoquent une indemnité de préavis de 400.000 euros…

C’est du pur délire. Je ne sais pas comment ils arrivent à un tel montant !

Pourquoi le CA a-t-il changé d’avis ?

Je ne sais pas. Je sais juste que ce ne sont pas les mêmes personnes qui ont constaté, lundi, que les audits n’étaient pas accablants pour moi, et celles, jeudi, qui m’ont licencié, pour des raisons que je ne connais pas. Vous savez, il y a des gens qui voient des fautes là où il n’y a en fait que des erreurs. Je peux admettre des erreurs. Mais il n’y a pas de faute.

Les administrateurs du Crioc qui représentaient les Mutualités chrétiennes et le syndicat socialiste, la FGTB, semblent avoir joué un rôle déterminant dans votre licenciement… Le Conseil vous licencie et vous tresse une couronne de lauriers : c’est curieux…

Je ne comprends pas. J’ai l’impression d’être la victime de règlements de comptes internes au CA. Vous savez, il y siège une série d’organismes qui jalousent les subsides que l’on attribue au Crioc : les moyens qui nous revenaient ne leur revenaient pas… Quant à la couronne de lauriers qu’on me tresse, c’est peut-être une manière de dissimuler les tensions internes au CA. Vous savez, le Crioc licencie son directeur tous les dix ans, en moyenne…

Quel est votre état d’esprit ?

Je ne suis pas fataliste. Je suis réaliste. Je ne sais pas dans quelle mesure je serais amené ou pas à défendre mes droits, le Crioc ayant admis avoir commis une faute en informant d’abord la presse de mon licenciement.

On vous reproche d’avoir adressé un communiqué à la presse, mardi… On vous avait interdit de vous adresser à la presse ?

Je n’ai jamais reçu d’instructions en ce sens. Les procès-verbaux du CA ne sont plus tenus, depuis des mois. Je n’ai fait que répéter les constats posés par le CA, dans son communiqué de lundi soir. Je persiste : on ne me reproche ni fraude, ni manipulation, et la Justice n’est saisie d’aucune plainte à mon égard pour harcèlement moral ou pour licenciement abusif.

Qu’allez vous faire, dans l’immédiat ?

Je viens de terminer l’adaptation d’un livre de Philip Kotler sur l’éthique du marketing. Il sera publié en novembre. je ne regrette rien de ce que j’ai pu réaliser, au Crioc. Mais j’ai d’autres perspectives.