Nucléaire : « La position d'Electrabel n'est pas du chantage »

Rédaction en ligne

jeudi 05 juillet 2012, 20:46

Electrabel qualifie les attaques récentes sur l'entreprise « blessantes et infondées ». Dans le même temps, Elio Di Rupo a fermement répondu aux critiques sur le plan de sortie du nucléaire.

Nucléaire : « La position d'Electrabel n'est pas du chantage »

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« En aucun cas, la position d'Electrabel ne peut s'interpréter comme du « chantage » », a réagi ce jeudi Electrabel, à la suite de son conseil d'administration. « Le conseil insiste sur le fait qu'Electrabel est une entreprise industrielle engagée et responsable qui peut compter sur 7.000 collaborateurs dont la qualité du travail est reconnue. Les attaques récentes sur l'entreprise sont blessantes à leur égard et fondamentalement infondées. » « Electrabel a rappelé que la décision de fermer Doel 1 et 2 était « du ressort des pouvoirs publics, et ceci, même si arrêter l'exploitation d'outils industriels performants n'est pas le premier choix d'Electrabel ». La compagnie énergétique entend adopter une position rationnelle.

Le secrétaire d'État à l'Énergie Melchior Wathelet avait qualifié de « bluff » le fait qu'Electrabel envisage de fermer Tihange 1 en 2015. Electrabel réclamait du gouvernement une clarté absolue sur les éléments économiques liés aux importants investissements nécessaires en cas de prolongation d'un site et avait menacé dans un communiqué d'entamer les procédures visant à préparer la mise à l'arrêt des trois unités – donc aussi Tihange 1 – dans les délais fixés par la loi de 2003, c'est-à-dire dès 2015 et non 2025 comme l'a décidé le gouvernement.

Des investissements qui nécessitent une « rentabilité »

« Il appartient à l'entreprise et les membres de son Conseil d'évaluer la rentabilité des investissements futurs. Prolonger Tihange 1 en respectant l'analyse de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, nécessite des investissements évalués à plus de 500 millions d'euros. Pour engager un tel budget, Electrabel a besoin d'une vision et de garanties de rentabilité à dix ans », souligne de son côté Electrabel. L'entreprise a rappelé qu'elle se tenait à la disposition du gouvernement fédéral « pour faire valoir son point de vue et obtenir la clarté absolue sur les éléments économiques ».

Elio Di Rupo répond aux critiques d'Ecolo et de la N-VA

Elio Di Rupo a fermement répondu aux critiques d'Ecolo, de Groen et de la N-VA concernant le plan de sortie du nucléaire et a souligné le « travail remarquable » de Melchior Wathelet.

« Il n'y a pas qu'Ecolo/Groen qui détient la vérité. D'ailleurs, la co-présidente d'Ecolo Emily Hoyos a reconnu que pour garantir l'approvisionnement il fallait prolonger deux centrales pour 2 ou 3 ans. Nous n'en prolongeons qu'une pendant 10 ans pour avoir une capacité suffisante et permettre les investissements indispensables en matière de sécurité », a dit le Premier ministre.

M. Di Rupo s'est ensuite tourné vers la N-VA qui défend la construction d'une nouvelle centrale nucléaire. « Mais sur quelle planète vit la N-VA ? », a-t-il lancé soulignant qu'il s'agissait d'une prise de position en contradiction avec l'évolution générale.

G.M. avec Belga