Devos : « La N-VA ne deviendra pas l'extrême droite »

Aurore Peignois

lundi 16 juillet 2012, 14:47

Dewael associe désormais la N-VA à l'extrême droite après les récents transferts du Vlaams Belang. « L'Open-VLD a exagéré avec cette critique, la NV-A en invitant Jurgen Ceder», déclare le politologue flamand.

Devos : « La N-VA ne deviendra pas l'extrême droite »

Jurgen Ceder (BELGA)

« Les mandataires d'extrême droite qui choisissent maintenant de partir pour la N-VA ne viennent pas tout seuls, mais aussi avec leurs sympathisants et surtout leurs idées. Ceux qui pensent que ces transfuges de l'extrême droite ont renoncé soudainement à leurs idées xénophobes et racistes sont soit aveugles, soit naïfs », écrivent le chef de groupe Open VLD à la Chambre Patrick Dewael et la parlementaire libérale Marleen Vanderpoorten dans une carte blanche dans De Morgen.

Des propos qui font suite aux récents transferts entre le VB et la N-VA.

Quelle analyse avez-vous des propos de Dewael dans le Morgen de ce matin ?

« C'est une réaction forte parce que les tensions que subit l'Open-VLD le sont aussi. Avec la N-VA, ils seront de grands concurrents aux prochaines élections communales et même fédérales. D'un côté, il y a une exagération des propos par rapport à la déclaration faite par le parti selon laquelle, ces nouveaux membres issus du Vlaams Belang respecteront le texte démocratique de la N-VA. »

« Je trouve exagéré de dire qu'il y a une infiltration de l'extrême droite qui va changer la NV-A ; de l'autre, le parti ne fait plus beaucoup d'effort pour expliquer ces transferts de personnalités plus radicales que par le passé. Auparavant, la NV-A s'était attelée à expliquer pourquoi ces anciens membres du Vlaams Belang étaient les bienvenus et en quoi c'était une bonne chose pour le parti. De plus, il s'agissait de personnes plus discrètes et au passé moins sulfureux. Aujourd'hui, c'est comme si c'était une évidence. Tout le monde doit être content parce qu'ils ont changé d'idée et qu'ils sont partis. »

« En conclusion, l'Open-VLD a exagéré avec cette critique et la N-VA a exagéré avec le transfert de Ceder. »

Qu'en est-il de ces personnalités ?

« Il y a notamment Jurgen Ceder, qui a été chef de groupe Vlaams Belang au Sénat, mais qui s'est surtout fait remarquer pour ses propos homophobes et pour avoir été l'un des auteurs des « 70 points » (qui devaient régler la question de l'immigration en Belgique, NDLR). »

« Son arrivée a également été très polémique parce que la NV-A ne fait pas beaucoup d'efforts pour motiver ces transferts. Ca donne une impression d'évidence, et ceux qui ne sont pas d'accord ont tort. »

Dans les faits, qu'en est-il du cordon sanitaire ? Existe-t-il toujours ?

« Ça continue bien sûr, aucun parti démocratique ne veut le rompre. La coalition avec le Vlaams Belang est hors de question. Même Bart De Wever a répété plusieurs fois à Philip De Winter qu'une alliance entre le VB et la NV-A à Anvers était hors de question. La NV-A dit qu'il n'y a pas besoin de cordon, mais jamais elle n'osera le rompre. »

« Dans le cas présent, ce sont plus des membres d'extrême droite mais de la N-VA. Ils ne sont donc plus étiquetés Vlaams Belang. »

Quel va être l'impact pour les élections communales ?

« Les partis flamands sont inquiets de la tornade que pourrait faire la N-VA. C'est surtout le cas pour l'Open-VLD et le CD&V. Avec le Vlaams Belang, ils pensent que c'est à la N-VA que partiront le plus de leurs voix. C'est un phénomène attractif qui pourrait aussi arriver à Groen et au SP.A. »

« Cela explique une déclaration si forte de la part de Patrick Dewael. Entre les lignes, il dit que la N-VA est en train de devenir l'extrême droite, mais je pense que ça ne va pas arriver. Il est impossible de gagner les élections avec une telle image, donc il est important pour ce parti de se désolidariser de cette idée. »

Aurore Peignois