Chapitre 6 : Elio, le PS, Anderlecht

BEATRICE DELVAUX

samedi 28 juillet 2012, 16:52

Après Guy Verhofstadt, c’est au tour de Fadila Laanan d’être interviewée par Béatrice Delvaux pour « les racines élémentaires ». Chapitre 6 : Elio, le PS, Anderlecht, des rencontres cruciales.

Comme Elio Di Rupo ?

C’est vrai ! Je l’ai rencontré en 93, quand j’étais juriste au cabinet de la culture et lui, ministre de l’audiovisuel. J’étais fascinée par le fait que la Belgique soit capable d’avoir un ministre d’origine italienne et modeste. De plus, c’était la présidence européenne et Elio avait cartonné avec « L’esprit de Mons » qui reste un élément fort des politiques culturelles aujourd’hui et a nourri la perception qu’on a de la culture dans sa dimension de diversité culturelle. C’est quand il devient président du parti qu’il s’intéresse à moi. Pas parce que je suis exceptionnelle, mais parce que des gens dans son entourage lui parlent de moi. Il me contacte pour être sur la liste du Sénat en 2003. C’est la personne dans le parti pour laquelle j’ai le plus d’admiration, de l’admiration, de fidélité et de loyauté. Il m’a mise en évidence, il a eu confiance en moi. Pas touche à Elio. Je suis une Elio girl affirmée et je l’assume. Certains diront que c’est du lèche-bottisme mais je m’en fiche complètement. Quand il a eu des moments difficiles au parti, jamais je n’ai renoncé à être un des ses fervents soutiens. Certains me disaient que je prenais le risque de tout perdre, s’il disparaissait. Mais je préférais partir la tête de haute et en me regardant en face plutôt que de trahir quelqu’un comme lui. J’admire également beaucoup Laurette.

Vous auriez pu être autre chose que socialiste ?

Impossible. J’ai été proche d’Ecolo dans mon association, « Jeunesse maghrébine » notamment. J’aime beaucoup Isabelle Durant, André Douard. Mais les valeurs du PS me semblaient être celles qui me correspondaient le plus et correspondaient le plus à mon histoire. Et même quand j’ai été mal parce que je n’ai pas toujours été bien traitée dans mon parti (pas par le fédéral, mais dans les sections), je ne me suis jamais vue ailleurs que là. Si, un jour, je quittais le PS, je ne serais plus active politiquement.

Etre ministre, c’était la consécration ultime de l’intégration ?

La consécration pour moi, c’est lorsque j’ai été élue comme conseillère communale en 2000 a Anderlecht. C’était la première fois où j’ai été élue. C’est là que j’estime avoir vécu quelque chose de fort. J’ai été reconnue par des gens qui avaient confiance en moi : 668 personnes ont mis un petit point à côté de mon nom et m’ont donné leur confiance, pour être à leur service.

Quelle est votre situation pour les élections communales d’octobre à Anderlecht ?

Je pousse la liste. Il y eu une bagarre et puis, on a trouvé un accord via un arbitrage au niveau de la Fédération bruxelloise. A un moment, j’avais presque renoncé à être candidate mais suite aux réactions des gens, je me suis dit que je n’avais pas le droit de rompre la confiance qu’ils avaient placée en moi. Nous avons donc conclu un accord serein, avec beaucoup de fraternité, dans l’intérêt du parti et des habitants d’Anderlecht. On va essayer de reprendre le mayorat.