Libération de Michelle Martin : une manifestation devant le couvent de Malonne vendredi

Rédaction en ligne

mardi 31 juillet 2012, 20:44

Le procureur général de la Cour d'appel, Claude Michaux, ira en cassation contre la décision du tribunal d'application des peines. Michelle Martin ne pourra dès lors se rendre immédiatement au monastère de Malonne : le pourvoi est suspensif pendant 30 jours. Fallait-il libérer Michelle Martin ? Posez vos questions, Stéphane Detaille vous répond mercredi à 11h02

20h38. La ministre de la Justice affirme que "les conditions de libération seront strictement respectées"

La justice suivra de près si les conditions de la libération de Michelle Martin sont respectées, a indiqué la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom. "Si la Cour de cassation estime qu'il n'y a pas eu de faute dans la procédure et que Michelle Martin est effectivement libérée, l'assistant de justice veillera de près au respect des conditions de la libération", a déclaré le porte-parole de la ministre.

19h59. L'avocat de la famille de Laetitia surpris d'entendre parler d'indemnisations

Georges-Henri Beauthier estime que l'acte du jugement du tribunal de l'application des peines contient des erreurs voir des mensonges. Ainsi l'avocat de Jean-Denis Lejeune, de Laetitia Delhez et de sa maman s'en prend notamment au paragraphe qui prétend que depuis 2006 des versements, certes symboliques, sont mensuellement effectués vers les parties civiles. "Le jugement évoque une indemnisation des victimes. Or, ce n'est pas le cas. Personne n'a reçu un euro", s'est-il exclamé.

19h13. Deux manifestations sont devant le couvent des Clarisses à Malonne

La contestation monte suite à l'annonce de la libération de Micelle Martin. Deux manifestations sont prévues, dont une à 10 heures ce vendredi, selon Sudpresse.

17h44. Le PS ne commente pas la décision et renvoie à l'accord de gouvernement

Le PS a indiqué mardi dans un communiqué relatif à la libération de Michelle Martin ordonnée par le tribunal d'application des peines qu'"il ne lui appartient pas de commenter cette décision". Comme d'autres partis, il regrette cependant la manière dont les familles de victimes en ont été informées par le tribunal. Concernant le débat sur la libération anticipée que certains partis ont relancé mardi à cette occasion, le PS a rappelé que l'accord de gouvernement prévoit une augmentation du seuil d'admissibilité à la libération conditionnelle pour les infractions d'une extrême gravité ayant entraîné la mort. "Cette partie de l'accord de gouvernement doit rapidement être mise en oeuvre", estime-t-il. Le PS a également appelé à un "débat sérieux" sur les possibilités d'introduire un recours contre les décisions d'un Tribunal d'application des peines, comme sur les mesures d'encadrement de la libération conditionnelle en vue de s'assurer de la non récidive, autant de griefs entendus mardi dans certains rangs politiques à la suite de la décision concernant Michelle Martin.

16h42. Le ministère public en cassation

Le procureur général de la Cour d'appel vient de faire part de son intention de se pourvoir en cassation de la décision du tribunal d'application des peines. Michelle Martin ne pourra pas se rendre dans l'immédiat au monastère des Clarisses, à Malonne, le pourvoi étant suspensif durant 30 jours. Plus tôt dans l'après-midi, le conseil de Jean-Denis Lejeune et Laetitia Delhez, Me Beauthier, avait également fait part de son intention d'aller en cassation.

16h12. Jean-Denis Lejeune : « Pour moi, Michelle Martin est pire que Dutroux »

« Nous avions demandé qu'il y ait une distance de 100 kilomètres entre notre domicile et le lieu où elle séjournerait. Ce ne sera pas le cas étant donné qu'elle sera hébergée à Malonne, il n'y en aura que 60 », déplore le papa de Julie. Jean-Denis Lejeune parle d'un renard que l'on jette dans la nature. « On parle d'une femme soumise. C'est tout l'inverse. C'est une manipulatrice. Pour moi, elle est pire que Dutroux. Il ne faut pas oublier qu'elle a eu de multiples possibilités de les libérer. Elle ne l'a pas fait. Son rôle a été minimalisé ».

15h35. Ecolo : "Les victimes devraient pouvoir faire appel des décisions du TAP."

Ecolo juge "impératif" de mener un débat sur la notion de "récidiviste" à laquelle Michèle Martin a échappé alors qu'elle avait déjà été condamnée à 5 ans de prison par la Cour d'Appel avant l'affaire Dutroux. "Le ministère public comme les victimes devraient être dotés de la possibilité de faire appel des décisions du TAP", estiment les verts dans un communiqué.

15h05. Les parties civiles se pourvoient en cassation

"Nous avons introduit un pourvoi juste après que la décision a été rendue. Nous rédigerons le mémoire ultérieurement car nous n'avons pas encore reçu le jugement. C'est un peu comme si j'allais annoncer dans un hôpital que mon frère était blessé mais en son absence", a commenté Georges-Henri Beauthier, l'avocat de Jean-Denis Lejeune et Laetitia Delhez. Le conseil n'est pas surpris par la décision rendue par le tribunal d'application des peines mais s'interroge sur les conditions imposées. "Nous ne sommes pas contre une libération mais pas à n'importe quelles conditions. Concernant l'indemnisation, rien ne semble vraiment prévu. Mme Martin travaillerait et se verrait en échange offrir le gîte et le couvert. On appelle cela du travail au noir."

14h30. Le cdH veut des peines de sûreté

Le cdH rappelle qu'il a proposé, il y a plus d'un an, que la peine de prison soit renforcée pour les personnes condamnées pour un acte odieux ayant entraîné la mort. Concrètement, cela signifie que les juges auraient la possibilité d'assortir la condamnation d'une peine de sûreté, c'est-à-dire d'une peine de prison qui ne peut être réduite en cours d'exécution. Cette peine de sûreté serait augmentée en cas de récidive.

14h00. Jean Lambrecks déçu et fâché

"Je trouve cela très dommage. Je vais consulter mon avocat pour voir ce qu'il est possible de faire", a indiqué Jean Lambrecks, le père d'Eefje Lambrecks. "Michelle Martin est autant coupable que Dutroux, et j'estime qu'elle aurait dû purger sa peine jusqu'au bout. Elle n'a pas apporté de nourriture à Julie et Melissa et les a laissées mourir de faim. Elle est aussi un assassin. Elle ne devrait être accueillie dans aucun couvent, pas même celui de Namur. Cette décision du tribunal est inacceptable". Ce dernier a appris la libération de Michelle Martin via les médias qui l'ont contacté.

13h32. Michelle Martin ne sera pas libérée aujourd'hui

Michelle Martin ne devrait, théoriquement, pas être libérée avant 15 jours, mais tout va dépendre des scénarios envisagés par les parties. Le parquet dispose d'un délai de 24 heures pour se pourvoir en cassation. Un éventuel pourvoi n'est toutefois pas suspensif. La défense dispose elle-même d'un délai de 15 jours pour introduire un pourvoi en cassation.

13h30. Le quartier du Monastère de Malonne en ébullition

Le Monastère vit une intense agitation depuis la communication de la décision du tribunal de l'application des peines de Mons autorisant la libération sous conditions de Michelle Martin. "Elles sont ouvertes sur le monde, la preuve avec l'accueil de Michelle Martin", commente un riverain. "Le ressentiment par rapport à elle et son ex-mari existe toujours. Elle a été un monstre. Mais elle a été jugée, condamnée", commente un autre habitant. "Moi, je m'en tiens à la décision de la justice. Apparemment, elle a fait un cheminement assez positif en prison. Quelque soit l'endroit où elle aurait été, ça aurait crée des tensions".

13h20. Thierry Moreau : Tout dépendra de l'attitude des médias

« Ce qui sera important désormais, ce sera l'attitude des médias. S'ils prennent le parti de faire en sorte qu'elle ne puisse pas se réinsérer, ce n'est pas gagné », a déclaré Thierry Moreau, l'avocat de Michelle Martin.

13h10. Les conditions particulières relatives à la libération de Michelle Martin

Lorsqu'une libération conditionnelle est octroyée, le tribunal de l'application des peines (TAP) énumérer dans son jugement des conditions générales et particulières. Les conditions particulières siont déterminées par le tribunal et sont directement liées à la situation personnelle du condamné. Les voici : Résider au monastère de Malonne, avoir un suivi psychologique, ne pas entrer en contact avec les victimes, mettre en place un plan d'indemnisation des victimes, ne pas résider en province de Limbourg et de Liège, ne pas quitter le territoire nationale et ne pas rentrer en contact personnel avec les médias.

12h50. Le bourgmestre de Namur regrette de ne pas avoir été tenu informé

"Tant comme bourgmestre que comme papa, je peux comprendre et partager l'émoi que cette information ne manquera probablement pas de susciter auprès de la population, en particulier mes concitoyens namurois", a réagi Maxime Prévot devient bourgmestre de Namur. "Bien qu'aucune prérogative ne me permette d'interférer dans cette décision de justice en vertu de la séparation des Pouvoirs, je regrette fortement de ne pas en avoir été préalablement informé par les autorités judiciaires ni par les responsables du couvent, me plaçant ainsi devant le fait accompli."

12h40. Sabine Dardenne :"Ne faisons pas les ignorants"

"Certaines personnes sont plus choquées de la nouvelle que moi, ne faisons pas les ignorants. depuis le 9 mai 2011, on savait qu'elle allait sortir, ce n'était qu'une question de temps et de plan... Pour ma part, je vais essayer de vivre ma vie, comme je le fais depuis 16 ans... Je suis en vacances et elle ne gâchera pas ma vie une fois de plus...", a réagi Sabine Dardenne sur son profil Facebook.

12h25. Gino Russo : « Nous n'avons pas eu accès au dossier et aux arguments de l'avocat de Michèle Martin »

Gino Russo, le père de la petite Melissa Russo, enlevée à l'âge de 8 ans à Grâce-Hollogne le 24 juin 1995 en compagnie de son amie Julie Lejeune, puis assassinée par Dutroux, refuse de former un jugement sur la décision de libération de Michèle Martin, la complice de Dutroux, après 16 ans de détention sur les 30 auxquels elle avait été condamnée.

« Ce genre de décision se prend sur base d'un dossier complet qui impose des conditions de reclassement et des restrictions explicites. Mais le problème est que nous ne les connaissons pas, qu'elles ne sont pas communiquées aux parents des victimes. Comment juger une décision que nous ne connaissons pas ? »

12h10. Georges-Henri Beauthier : « Scandaleux ! »

Maître Beauthier est particulièrement fâché. Malgré l'autorisation du Procureur Général de Mons, Claude Michaux, l'avocat des parents de Julie Lejeune et Laetitia Delhez se voit refuser l'accès aux détails du jugement en cause de Michelle Martin.

« Je ne connais pas les conditions. Évidemment, qu'on finira par les connaître, d'une manière ou d'une autre. Ça devient scandaleux, surtout pour les victimes. Les seuls recours qu'il nous reste sont à la Cour de cassation et devant Strasbourg », s'exclame Maître Beauthier.

11h30. Le monastère des Clarisses : « Nous étions bouleversées par l'horrible souffrance »

« Jusqu'ici, notre communauté a refusé de communiquer sur cette question en raison de la demande des avocats de Madame Martin de ne pas révéler les éléments de son plan de reclassement avant la décision du tribunal, par respect pour le travail de la Justice », explique Sœur Christine, abbesse des Clarisses. « Notre chemin communautaire a croisé celui de Madame Martin à travers la demande de ses avocats… Ce fut un défi pour nous, bouleversées que nous étions par l'horrible souffrance des victimes et de leurs familles qui ont traversé l'enfer que vous savez. Nous avons cherché à vivre au mieux cette tension : comment porter ces deux réalités à la fois ? Ce ne fut pas facile… Notre cœur de femmes en a été bien souvent troublé… Nous avons choisi d'accueillir en nous ces deux souffrances qui ne sont en rien comparables l'une avec l'autre »

10h55 Le monastère de Malonne en photos

10h00 Michelle Martin est libérable à Malonne

Le Tribunal d'application des peines de Mons a décidé la libération de Michelle Martin.

L'ex-épouse de Marc Dutroux sera accueillie dans un couvent des soeurs clarisses à Malonne, près de Namur, selon son plan de réinsertion approuvé par le Tribunal d'application des peines de Mons. Elle devra se tenir à distance des familles des victimes.

(ClDD, A.PS, Fr.S, P.La)