Michel Daerden, fils de cheminot émigré en terre liégeoise

Rédaction en ligne

dimanche 05 août 2012, 20:14

Né le 16 novembre 1949 à Baudour, Michel Daerden était l'une des figures emblématiques du PS liégeois. Sa biographie.

Ce réviseur d'entreprises, dont la personnalité parfois fantasque a marqué le grand public, a connu une longue carrière ministérielle avant d'être écarté du devant de la scène après les élections législatives de 2010 et son éviction de la commune d'Ans en mars 2011.

Sa formation

Ce fils de cheminot émigré dans les années 1950 en région liégeoise est licencié en sciences commerciales et financières (HEC-Liège) en 1971. Il obtient une agrégation de l'enseignement secondaire supérieur en 1973. En 1975, il décroche une licence en économie appliquée à l'Université de l'Etat à Mons puis en 1977, une licence spéciale en révisorat. Réviseur d'entreprises de profession, il est également, depuis 1976, chargé de cours aux HEC Liège.

Sa carrière politique

Conseiller communal d'Ans, dont il est devenu le bourgmestre en 1993, il est entré au parlement fédéral en 1988. Il a siégé à la Chambre et au Sénat. Il a pris la tête en 1993 de la fédération liégeoise du PS secouée après l'assassinat d'André Cools avec comme tâche délicate de réconcilier les diverses tendances. Il a été remplacé à ce poste par le bourgmestre de Seraing, Guy Mathot, décédé en 2005.

De 1994 à 1999, Michel Daerden a participé au gouvernement fédéral. En 1994, il a été nommé ministre de l'Infrastructure et de la Politique scientifique en remplacement de Jean-Maurice Dehousse devenu maïeur de Liège. En juin 1995, il est devenu ministre des Transports.

En 1999, il est désigné au gouvernement wallon pour y prendre le département de l'Emploi avant d'hériter du Logement, des Travaux publics et du Budget en 2000 à la faveur du départ d'Elio Di Rupo à la présidence du PS et de l'accession de Jean-Claude Van Cauwenberghe à la ministre-présidence. Il devient également le vice-président socialiste du gouvernement.

Michel Daerden a été élu à la Chambre en mai 2003. Il était tête de liste PS dans la province de Liège. En juin 2004, il s'est présenté aux élections européennes. Il a été élu mais n'a pas siégé, privilégiant la Région.

En 2007, il a hérité du portefeuille de ministre communautaire des Sports, laissé vacant par Claude Eerdekens lors du remaniement ministériel.

Critiqué par certains pour son comportement, Michel Daerden, tête de liste PS dans la province de Liège lors des législatives de 2007, avait pourtant sauvé les meubles de son parti en déroute dans le reste de la Wallonie. Lors des élections de 2009, à nouveau tête de liste, il avait obtenu 63.580 voix. Certains avaient manifesté leur souhait de ne plus le voir occuper un poste de ministre, notamment chez Ecolo. Le président Di Rupo a cependant respecté le choix des électeurs en lui accordant un poste au fédéral.

En juin 2010, il a poussé la liste PS pour la Chambre en province de Liège. Il y a réalisé le meilleur score mais a renoncé à son siège. La formation du gouvernement Di Rupo a toutefois eu raison de sa carrière ministérielle. Il perd son portefeuille au fédéral et revient siéger au parlement wallon.

Le bourgmestre destitué

Sur le plan local, Michel Daerden est destitué le 28 mars 2011 de son mandat de bourgmestre d'Ans, victime d'une fronde orchestrée par celui qui fut son poulain, Stéphane Moreau, patron de la puissante intercommunale Tecteo. La présidence de la société de Leasing et de Financement (SLF) lui est offerte en compensation. Le 6 juillet 2012, il est devenu citoyen de la commune voisine de Saint-Nicolas où il devait mener la liste pour les communales.

La Daerdenmania

La personnalité de ce bon vivant, porté sur la dive bouteille, a suscité un engouement médiatique après une prestation pour le moins éthylique lors de la soirée électorale de 2006. « Papa » y évoque alors les désormais célèbres « grrrands accords » entre socialistes et libéraux ansois. La « Daerdenmania » est enclenchée. L'arme sera à double tranchant : la popularité est au rendez-vous mais le personnage est de plus en plus décrié.

Les critiques

A côté du clown à la diction inimitable, qui fait la joie de nombreux imitateurs, se cache un homme de pouvoir redoutable. Il est l'un des « barons » liégeois, fondateur d'un bureau de révisorat contrôlant les comptes de nombreuses sociétés publiques et dont l'emprise fit l'objet de nombreuses critiques. La lutte avec l'autre clan (Mathot, Marcourt, Demeyer) fut parfois âpre et finit par tourner en sa défaveur. Il a perdu peu à peu son pouvoir à partir de mai 2005 quand Willy Demeyer, bourgmestre de la Cité ardente, remporta la présidence de la fédération contre Charles Janssens, le candidat qu'il soutenait.

Michel Daerden est le père de trois enfants. Son fils Frédéric a suivi ses traces, en se lançant lui aussi en politique et en reprenant un temps les rênes du bureau de révisorat.

(belga)