Hausse des importations d’électricité : « Pas d’impact sur le prix »

Rédaction en ligne

mercredi 08 août 2012, 08:51

Pour le principal fournisseur d’électricité, Electrabel, l’importation croissante d’énergie ne devrait pas saler la facture des ménages belges.

Hausse des importations d’électricité : « Pas d’impact sur le prix »

©belga

Nous le révélions ce mardi, la Belgique importe trop d’électricité. Le constat en inquiète certains : durant le premier semestre de cette année, la Belgique a importé de l’électricité dans une proportion qui n’avait plus été atteinte depuis cinq ans. Ces importations ont même augmenté de 45 % par rapport à la même période de l’année dernière.

En Belgique, le marché de l’énergie est généralement distingué en deux branches. Le marché de gros où le prix de l’électricité est débattu en bourse et le marché « résidentiel » qui concernent directement les ménages, où le prix est laissé à l’appréciation des fournisseurs. « La Belgique importe sur le marché de gros », souligne-t-on chez Electrabel. « Plusieurs acteurs comme les producteurs, les fournisseurs ou les traders y vendent et y achètent de l’électricité. Les offres y sont souvent journalières, on les appelle les « Day-ahead ». Le prix y est fixé comme aux enchères. C’est un marché boursier. Mais la facture du client a peu à voir avec ce genre d’opérations, c’est un tout autre marché ».

« La caractéristique principale qui différencie les deux marchés est sa distance par rapport à la détermination du prix du consommateur », rappelle de son côté l’autorité indépendante de régulation d’électricité et du Gaz (la CREG) dans son étude « L’évolution des prix sur le marché de gros ». Le marché de gros n’intervient que très peu dans la détermination de la facture finale du ménage Belge.

Les fournisseurs déterminent librement le prix

Depuis la libéralisation du secteur initiée par l’Union Européenne en 2003, différentes entreprises se partagent les missions de production, d’acheminement et de distribution d’électricité – des compétences qui pouvaient être cumulées par une même firme jusqu’alors. La mise en concurrence a été limitée par le législateur aux entreprises de production et de fourniture d’énergie.

Les fournisseurs comme Electrabel, Luminus ou Nuon déterminent librement le montant de la facture. Elle inclut le prix de l’énergie, librement évalué, les taxes déterminées par l’Etat et les coûts de transport, imposés par le gendarme du secteur, la CREG (commission de régulation de l’électricité et du gaz).

Chaque année, les fournisseurs décident ou non de réévaluer leur grille tarifaire, qui n’est pas soumise aux aléas de la bourse de l’énergie. Même en cas d’excès, les autorités peuvent intervenir en dernier recours, c’est le cas depuis le mois d’avril et le gel des tarifs du gaz et l’électricité.

Alicia Bourabaa (st.)