Joachim Lafosse : « Un fils ne peut pas être le père de son père »

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samedi 11 août 2012, 12:11

Béatrice Delvaux a rencontré le cinéaste Joachim Lafosse (« A perdre la raison ») qui lui explique d'où il vient et où il va : « Il me semble que la question, c'est : comment le désir de faire du cinéma et d'être cinéaste est né ». Réponse en trois parties.

Joachim Lafosse : « Un fils ne peut pas être le père de son père »

©Dominique Duchesnes – Le Soir

La maison est dans une rue du village, façon cul-de-sac. Les pièces, s'enfilent, petites. Un tapis sur la table, du café. La porte est ouverte sur le jardin, on entend la cloche de temps en temps, les oiseaux. Cette zone du Brabant Wallon, Joachim Lafosse la connaît bien, pour avoir passé sa jeunesse entre Grez-Doiceau, Bonlez, Chaumont-Gistoux, Louvain La Neuve : une quinzaine de déménagements au total. Durant cette matinée, le jeune cinéaste va chercher les mots justes, il va dire son enfance, les déchirures, les transmissions et les transgressions familiales, avec un sourire souvent, parce que le cinéma, la fiction plus exactement, l'a sauvé du poids des souvenirs. À notre photographe qui s'installe, il dit : « Tu vas être chez toi ici, parce qu'on va parler photo ». À nous : « Il me semble que la question, c'est : comment le désir de faire du cinéma et d'être cinéaste est né ». Il ajoute : « On oublie souvent que dans le mot « don », il y a « donner ».

CHAPITRE I: E.T., mon père photographe

CHAPITRE II: la mère, une romancière qui s'ignore, l'école

CHAPITRE III: ma famille séparée, "A nos limites"