Lejeune : « Michelle Martin n'a pas le droit de réintégrer la société »

STEPHANE DETAILLE

samedi 11 août 2012, 10:58

« Je ne comprends pas les Soeurs Clarisses », déclare Jean-Denis Lejeune, qui appelle à une réforme de la justice et une meilleure hiérarchisation des sanctions. L'entretien complet dans Le Soir

Lejeune : « Michelle Martin n'a pas le droit de réintégrer la société »

PIERRE-YVES THIENPONT/LE SOIR

Sitôt rendu le jugement du tribunal d'application des peines qui octroyait sa libération conditionnelle à Michelle Martin, Jean-Denis Lejeune est monté au créneau pour annoncer qu'il organiserait, le dimanche 19 août, à Bruxelles, une manifestation – il refuse que l'on évoque « une marche blanche » – pour dénoncer cette décision qu'il regarde comme des errements (de plus) de la justice. Le père de Julie continue, avec Paul Marchal, de mener un combat avec lequel d'autres victimes de Dutroux et consorts semblent avoir pris leurs distances.

Rencontre.

Que souhaitez-vous obtenir au juste en organisant cette marche ?

Cette marche, je l'organise pour obtenir une rapide réforme de la justice et pour dénoncer la possible libération de Michelle Martin. C'est la raison pour laquelle il était important qu'elle ait lieu avant que la Cour de cassation ne prenne attitude sur les pourvois suscités par le jugement rendu le 31 juillet à Mons.

(…)

Vous voudriez quoi ? Des peines incompressibles ?

Pour les meurtres d'enfants, oui – a fortiori quand ils sont commis par des récidivistes. Plus largement, je voudrais qu'on hiérarchise mieux les sanctions en fonction de la gravité des faits en considérant que rien n'est plus grave que le meurtre d'un enfant.

(…)

Vous estimez que Michelle Martin, aujourd'hui, n'a pas le droit de réintégrer la société ?

Non, elle n'en a pas le droit. C'est une multirécidiviste. Elle a toujours prétendu avoir agi sous l'emprise de Marc Dutroux. Mais Dutroux n'était plus là pendant que les fillettes agonisaient dans leur réduit. Elle aurait pu les libérer ou donner l'alerte. Elle aurait pu, à tout le moins, leur donner à manger et à boire comme elle l'a fait avec les chiens de Dutroux. Elle n'a rien fait : elle est responsable de la mort de Julie et de Mélissa.

(…)

Vous en voulez aux soeurs clarisses ?

Je ne les comprends pas. Je ne suis pas croyant et j'ai toujours eu un peu de mal à comprendre certaines prises de position de l'Eglise. Comment comprendre qu'une institution qui interdit l'usage du préservatif et le remariage cautionne l'accueil d'une meurtrière d'enfants par une communauté religieuse ?

Pourquoi ne voulez-vous pas que l'on parle de « marche blanche » à propos de la manifestation que vous organisez le 19 août ?

(…)

Lire l'interview complète dans Le Soir de ce week-end