Le plan belge pour réduire l’usage des pesticides
MICHEL DE MUELENAERE
lundi 20 août 2012, 07:38
L’Europe impose à la Belgique d’assurer un usage des pesticides « compatible avec le développement durable ». Notre pays s’est doté d’un plan, soumis actuellement à une consultation publique.
Ce plan comporte une quarantaine de mesures portant aussi bien sur les utilisations tant par les professionnels que par les amateurs. Un des objectifs : éviter que ces derniers aient accès à des produits phytosanitaires agricoles. C’est le sens de la scission des agréations des pesticides qui est entrée en vigueur ce week-end.
Dans deux ans, plus question en principe pour le commun des mortels d’avoir accès à des produits réservés aux pros. Les doses, les emballages, la présentation, l’étiquetage des pesticides seront revus afin de mieux protéger le public. Arriveront progressivement dans les jardineries et les magasins de bricolage des conditionnements plus petits, plus sécurisés, éventuellement déjà dilués. Seuls les utilisateurs professionnels (agriculteurs, ouvriers communaux, vendeurs…) pourront acheter et utiliser les produits les plus dangereux. Ils devront pour cela détenir une licence et suivre une formation continuée.
On attend les plans des Régions
Le plan fédéral devra être complété, en principe d’ici la fin de l’année, par des plans provenant des Régions, compétentes en matière d’Environnement et d’Agriculture. En Wallonie, un projet d’arrêté prévoit déjà des espaces publics sans pesticides d’ici 2019 et des restrictions d’épandage à proximité de lieux accueillant des personnes fragiles (crèches, aires de jeu, maisons de repos, hôpitaux…). Bruxelles qui se passe de produits phytos pour tous les espaces publics régionaux depuis un moment, veut étendre à terme le zéro pesticide à tous les lieux publics.
Pas touche à la pub ?
La Belgique établira des statistiques plus claires de ventes et d’utilisation de tous les produits, phytosanitaires comme biocides (désinfectants, anti-parasitaires, anti-mousses, anti-rats, anti-limaces, désinfectants, anti-algues, produits de protection du bois ou des fibres, insecticides, appâts, répulsifs…). Une manière de pouvoir mener une politique différente pour ces différents usages. Eventuellement en durcissant encore davantage les règles pour les biocides à usage privé – 42.634 tonnes vendues en 2011. Mais certains tabous, comme la pub, restent intouchés. Pas question d’interdire quoi que ce soit. Tout au plus va-t-on vérifier si les publicités actuelles respectent la loi. Ce qui n’est pas toujours le cas…