Michelle Martin est arrivée à Malonne

Rédaction en ligne

mardi 28 août 2012, 16:07

Michelle Martin a été libérée de prison à 20h30 à bord d'un véhicule de la police. Elle est arrivée au couvent des Clarisses vers 22h30.

 Michelle Martin est arrivée à Malonne

Michelle Martin, libre, à bord du véhicule de police qui l'emmène au couvent des Clarisses cAP

22h30: Michelle Martin est arrivée à Malonne, au couvent des Clarisses. Deux véhicules de la police ont fait le trajet. Martin n'a été aperçue que quelques secondes par la vitre fumée de la voiture. La berline est entrée immédiatement dans l'enceinte du couvent puis a atteint le jardin par une porte latérale. Une horde de journalistes issus des médias nationaux et internationaux était présente au moment de son arrivée.

20h40: Michelle Martin est sortie de prison et se dirige vers le couvent des Clarisses à Malonne dans un véhicule de police. Une cinquantaine de personnes manifestent en ce moment devant le couvent contre l'arrivée de Martin. Deux véhicules 4x4 de la police ont quitté l'établissement pénitentiaire. Le dispositif policier a été renforcé aux abords du monastère et des barrières de sécurité ont été installées afin de tenir à l'écart la presse et les personnes présentes.

19h45: Paul Marchal, le père d'An Marchal, a fait part de sa grande déception après l'annonce de la libération conditionnelle de Michelle Martin. "J'en suis anéanti. Mon combat contre Martin est terminé mais la lutte pour le statut des victimes, elle, n'est pas encore finie. J'ai combattu pendant 17 ans. Je vais désormais laisser retomber les émotions avant de voir rationnellement ce que je peux faire. Mais durant ces 17 années, je suis sans cesse revenu au même point: tout se passe en réalité au niveau politique où les lois sont écrites et votées".

19h30: Jean Lambrecks, le père d'Eefje, et sa compagne Els Schreurs se sont dit très déçus après la décision de la Cour de Cassation. "Nous savions qu'il n'y avait plus rien à faire. La loi, telle qu'elle est aujourd'hui, a été respectée. Mais je trouve que les politiques doivent agir. Si vous êtes condamné à 30 ans de prison, vous devez accomplir l'entièreté de votre peine. La législation doit clairement être modifiée", a réagi Jean Lambrecks.

17h45: "Cette décision de la Cour de cassation est une reconnaissance que nous vivons dans un Etat de droit où la loi est la même pour tous", a déclaré l'avocat de Michelle Martin, Me Thierry Moreau. "Je ne considère pas cette décision comme une victoire. La loi a simplement été respectée. Et si le TAP a décidé de libérer ma cliente, c'est qu'il y a des raisons objectives à cela. Sinon, il n'aurait pas agi de la sorte", considère Me Moreau. "J'ignore si l'ordre de libération est déjà parvenu à la prison de Berkendael (Forest). Mais assez rapidement, ma cliente devrait pouvoir se rendre auprès des soeurs Clarisses à Malonne, où elle tentera de se réinsérer dans la société et de racheter ses fautes" a ajouté Me Thierry Moreau.

17h35: Jean-Denis Lejeune a réagi à la décision de la Cour de cassation. "Même en y étant préparé, le coup de téléphone de mon avocat m'a fait froid dans le dos. J'ai envie de hurler. Pour moi, Michelle Martin est autant responsable de la mort de ma fille que Dutroux. Elle est plus dangereuse que lui", s'est exprimé M. Lejeune.

17h30: Selon un journaliste de Sudpresse, sur place à Berkendael à Bruxelles, une voiture de la police de Namur, avec deux policiers en civil, a déjà fait deux fois le tour de la prison, s'arrêtant chaque fois cinq minutes devant ses portes.

17h10: Me Georges-Henri Beauthier, l'avocat de Jean-Denis Lejeune et de Laetitia Delhez, a déclaré à la sortie de l'audience: "A mon sens, il faut un changement législatif. La loi doit être revue pour davantage de respect et d'écoute des victimes".

16h10 : Les pourvois du procureur général de Mons et des parties civiles ont été rejetés par la Cour de Cassation. L'ex-femme et complice de Marc Dutroux est, en théorie, immédiatement libérable. Elle pourrait rejoindre dès ce soir le couvent des Clarisses à Malonne. La Cour a suivi l'avis de l'avocat général et a rejeté les pourvois des parties civiles et du parquet contre la libération conditionnelle de Michelle Martin. Le jugement du tribunal de l'application des peines devient dès lors définitif.

12h37 La surveillance et la protection de Michelle Martin, si elle devait être hébergée au couvent des Clarisses à Malonne, coûteront 120.000 euros par mois, déclare Vincent Gilles, président du syndicat policier SLFP dans l'hebdomadaire Le Soir Magazine à paraître mercredi. Le magazine estime que la détention de Michelle Martin a déjà coûté plus de 735.000 euros.

12h15 Me Thierry Moreau, l'avocat de Michelle Martin, a déclaré mardi, à la sortie de l'audience de la Cour de cassation devant statuer sur les pourvois contre la décision de libération conditionnelle de sa cliente, garder confiance en les soeurs Clarisses et en la population de Malonne. Il espère que celles-ci contribueront à une bonne réinsertion de sa cliente et au rachat de cette dernière vis-à-vis de la société. "J'attends la décision de la Cour et ne souhaite pas faire de pronostic sur le sort de ma cliente. Si les pourvois sont rejetés, ma cliente sera donc libérée. Cela pourrait se faire dès aujourd'hui (ce mardi), mais j'ignore encore comment les choses se dérouleront pratiquement." L'avocat de l'ex-femme de Marc Dutroux rappelle qu'une réflexion est nécessaire sur le traitement de cas emblématiques comme celui de Michelle Martin. "Il faut un meilleur respect des droits fondamentaux. Ma cliente a violé des droits fondamentaux par ses actes, mais doit-on pour autant ne pas respecter les droits d'une personne humaine?

11h40 Le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot (cdH) ne peut empêcher la probable venue de Michelle Martin au couvent des Clarisses, à Malonne. "Il ne dispose d'aucun instrument juridique pour ce faire à titre préventif", indique un communiqué de la Villede Namur mardi. Maxime Prévot réagit ainsi à certains propos diffusés sur les réseaux sociaux, affirmant que la venue de Michelle Martin pourrait être empêchée en raison des troubles que cela occasionnerait à l'ordre public. "en vertu de la loi sur les libérations conditionnelles notamment, le bourgmestre ne peut s'opposer à l'exécution d'une décision de justice, et dès lors empêcher la venue d'une personne chez un privé".

10.29 L'avocat général Raymond Loop conclut, comme annoncé depuis la fin de la semaine dernière, au rejet des pourvois en cassation formé contre le jugement du Tribunal d'application des peines de Mons, libérant sur décision du 31 juillet Michelle Martin sous conditions. L'arret de la Cour de Cassation sera prononcé à 16 heures. Il ne fait que peu de doute que cette décision réforme celle du TAP. Michelle Martin devrait donc sortir de la prison de Berkendael ce soir, cette nuit ou demain matin, sous haute surveillance policière. La presse était rassemblée en nombre pour cette audience.

10:15: Me Moreau (avocat de Michelle Martin) estime qu il faut rejeter le recours et libérer Michelle Martin. Les débats vont très vite. Le président va bientôt clotûrer, en donnant en principe la date (ou heure) de sa décision.

10:13: L'arrêt n'est pas encore tombé mais l'avocat général Raymond Loop a confirmé ce mardi devant la Cour de cassation que selon lui la décision du tribunal de l'application des peines de Mons de libérer Michelle Martin est conforme à la loi. Il estime que les recours formés par les parties civiles sont irrecevables car les victimes n'ont pas la qualité de partie au procès. Il a demandé par ailleurs de rejeter les trois moyens de cassation que faisait valoir le parquet général.

10:03: Tout était calme vers 9h45 au monastère des Clarisses à Malonne, où Michelle Martin est attendue si sa libération conditionnelle est confirmée par la Cour de cassation. Une dizaine de journalistes sont toutefois présents devant le bâtiment.

9h50 : L'avocat général rappelle que les parlementaires (tous partis confondus) n ont pas voulu que les victimes soient parties au procès devant le tap. C'est pourquoi, explique-t-il, leur pourvoi aujourd hui doit être rejeté. La Cour en décidera.

9h30: Les magistrats de la cour de cassation ont été accueillis dans un grand silence, et par une forêt de caméras. Dans la salle, on reconnâit Me Beauthier et Dubuffet et Jean-Denis Lejeune, debout. A 9h40, l'audience de vacation s'est ouverte. Elle devrait durer jusque 10h30, et se tenir dans les deux langues. La séance a débuté par une lecture du résumé du recours des victimes. L'avocat général Loop a ensuite rappelé que la Cour ne traiterait pas du fond, mais de la forme et de la régularité de la procédure.

9h: la presse présente en nombre

La presse nationale et internationale était présente en nombre tôt ce mardi matin devant la Cour de cassation. L'audience commençait à 9h30 mais plusieurs journalistes et cameramen étaient déjà là à 8h30. Lorsque les portes de la salle d'audience se sont ouvertes à 8h45, les journalistes se sont précipités à l'intérieur. La police a réservé un passage aux avocats et aux parties civiles au milieu de la salle. Ceux-ci n'étaient pas encore arrivés à 9h.

Paul Marchal "les hommes politiques font les lois"

« Ce n'est que comme ça que je pourrai changer les choses. Ce sont les hommes politiques qui font les lois », déclare-t-il au Belang van Limburg et à la Gazet van Antwerpen.

Si Michelle Martin bénéficie d'une libération conditionnelle, Paul Marchal veut se battre pour que cela n'arrive plus dans des dossiers similaires. « Et ce n'est possible que via la politique », constate-t-il dans une interview avec Het Belang van Limburg. Selon lui, la loi doit être plus claire, de sorte que la Justice n'ait plus de possibilité de l'interpréter.

Paul Marchal s'était déjà lancé en politique, mais il confesse avoir fait des erreurs en créant son propre parti.

« Dutroux espère un jour être libéré »

Marc Dutroux réagit de façon indifférente à la probabilité de la libération de son ex-femme, Michelle Martin, indique ce mardi son avocat Ronny Baudewijn dans Het Nieuwsblad. « Et pourtant lui aussi cultive l'espoir de sortir un jour de prison », selon Me Baudewijn.

Marc Dutroux, condamné à perpétuité, ne peut qu'imaginer en rêve une décision favorable du tribunal de l'application des peines. Et pourtant il espère quand même. « Il en est convaincu et estime que lui aussi mérite une chance de se réinsérer. Il ne sait pas quand mais il continue à cultiver l'espoir d'une libération », indique son avocat. Dutroux suit de près toute l'agitation provoquée par la libération probable de la mère de ses trois enfants. « Il est parfaitement au courant de l'avancée des démarches, il suit tout à la télévision depuis sa cellule », explique son avocat.

Cette situation ne suscite cependant pas la moindre émotion chez Marc Dutroux. « Cela le laisse parfaitement froid. Il n'en parle pas et change de sujet lorsqu'on évoque cette question. Il parle surtout de son propre dossier. Tout tourne autour de lui, le sort de Michelle Martin ne l'intéresse pas. Il ne fait aucun commentaire à ce propos. Ce n'est pas une attitude feinte, il est vraiment comme cela ».

Jean-Denis Lejeune va écrire à Michelle Martin. Au Soir, il explique : « Même si la justice doit la libérer aujourd'hui à la faveur de l'arrêt de cassation, je compte lui demander des comptes, dès lors qu'elle ne s'est jamais exprimée. Elle a dit vouloir s'amender, je voudrais bien qu'elle dise la vérité sur les circonstances qui ont entouré la mort de ma fille et qu'elle arrête de raconter des mensonges. »