Gordel : « Les querelles locales sont regrettables »

Rédaction en ligne

dimanche 02 septembre 2012, 15:19

Le traditionnel Gordel a ouvert sur des actes de sabotage et des manifestations. « Les francophones pensent que les communes à facilités leur appartiennent », a affirmé Bart De Wever. « Je suis déçu de ce qu'il se passe à Rhode », a regretté Di Rupo.

Gordel : « Les querelles locales sont regrettables »

Bart De Wever, © Belga

La 32e édition de la manifestation sportive du Gordel s'est ouverte dimanche matin vers 7h00 dans la périphérie bruxelloise. Les participants, à vélo ou à pied, peuvent choisir leurs itinéraires parmi 19 parcours. Cette édition sera la dernière qui sera organisée selon le schéma actuel. Le Bloso -équivalent flamand de l'Adeps- réfléchit toujours à une nouvelle formule.

Le Premier ministre a regretté les actions qui ont été menées lors du Gordel. « Je suis triste de voir ce qu'il se passe à Rhode-Saint-Genèse. » « Le Gordel est avant tout un évènement sportif et familial. Je regrette de voir ces actions locales le perturber », a affirmé Elio Di Rupo lors d'une interview à l'émission De Zevende Dag. Au journaliste qui lui demandait s'il comptait y participer, le Premier ministre a répondu : « Malheureusement, non. Je devais être sur ce plateau et j'ai ensuite une réunion de famille ».

Maingain : « Les déclarations de Di Rupo sont indécentes »

Dans une réaction à l'agence Belga, le président des FDF, Olivier Maingain, a « dénoncé des déclarations totalement indécentes ». « Je ne peux pas comprendre qu'il ne voie pas le caractère politique » du Gordel, qui « est la cause de bien des tensions en périphérie », a-t-il dit. Selon lui, après la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, le Gordel permet désormais l'expression de nouvelles revendications flamandes, comme la fin des facilités.

« J'appelle les électeurs de la périphérie à plébisciter les candidats », notamment les FDF, « qui veulent un élargissement de la Région bruxelloise », seule à même selon lui de garantir les droits des citoyens francophones et néerlandophones, a-t-il dit.

Eric Van Rompuy : « BHV scindé !!! Merci Gordel »

Plusieurs politiciens flamands qui participent au Gordel ont pris le départ depuis Zaventem dans la matinée. Eric Van Rompuy arborait un tshirt avec la mention « BHV scindé !!! Merci Gordel ». Le président du CD&V Wouter Beke et le vice-premier ministre Steven Vanackere sont également partis de Zaventem. « J'étais déjà présent au Gordel en 1980. Je n'aurais bien sûr jamais pensé que cela prendrait 32 ans pour que BHV soit scindé », a notamment commenté Eric Van Rompuy. « Je regrette que certains partis flamands se sont montrés critiques par rapport à cette scission. Si la N-VA était restée à la table des négociations, nous serions toujours occupés à l'heure actuelle. » L'organisation de ce « dernier » Gordel a cependant été marquée par quelques incidents, dont le refus de la majorité francophone de Rhode-Saint-Genèse d'autoriser le départ et l'arrivée de la manifestation sportive.

Weyts : « Pas de raison de crier 'Houra !' »

D'après Ben Weyts (N-VA), cet incident démontre qu'il est encore nécessaire d'organiser une manifestation comme le Gordel. « Il n'y a pas de raison de crier ‘Houra' après la scission de BHV. » Le président du CD&V Wouteur Beke a, pour sa part, estimé que les actions de plusieurs bourgmestres montrent « que certains n'ont pas bien digéré la scission de BHV ».

De Wever : « La scission de BHV a fait augmenter l'arrogance des francophones »

« Le refus de la majorité francophone de Rhode-Saint-Genèse d'autoriser le départ du Gordel dans la commune montre que les francophones pensent plus que jamais que les communes à facilités leur appartiennent. La scission de BHV leur fait penser que le rattachement à Bruxelles est possible », a commenté le président de la N-VA, Bart De Wever, lors de sa participation au Gordel.

Bart De Wever participe à cet événement politico-sportif en compagnie d'une quarantaine de membres de la N-VA, parmi lesquels les ministres flamands Geert Bourgeois et Philippe Muyters ainsi que le vice-président du parti Ben Weyts. De Wever a déclaré que la scission de BHV « avait coûté beaucoup d'argent aux Flamands et fait croître l'arrogance des francophones. » Il a par ailleurs précisé que le refus de la majorité francophone de Rhode-Saint-Genèse implique outre le FDF, le CDH, qui avait pourtant approuvé l'accord sur la réforme de BHV.

Une centaine de membres du Voorpost manifestent à Rhode-Saint-Genèse

Une centaine de membres du Voorpost ont manifesté, dimanche matin, entre Alsemberg et Rhode-Saint-Genèse pour protester contre le refus de la majorité francophone de Rhode d'y autoriser le départ et l'arrivée du Gordel. Certains manifestants ont placardé des affiches réclamant la fin des facilités sur la maison communale de Rhode-Saint-Genèse. Le président du Voorpost, Johan Vanslambroeck, a déclaré que Rhode-Saint-Genèse constituait un bon exemple de la francisation de la périphérie bruxelloise et a plaidé pour une suppression des facilités.

Van Hauthem : « Les Flamands ne sont pas les bienvenus à Rhode »

Le parlementaire flamand, Joris Van Hauthem (Vlaams Belang) a déclaré, lors d'un discours, que le refus de la majorité francophone de Rhode-Saint-Genèse d'autoriser le départ et l'arrivée démontre que les Flamands ne sont pas les bienvenus dans cette commune.

« Cette décision prouve que ceux qui pensaient que la paix communautaire reviendrait après la scission de BHV se sont trompés. Mais nous n'allons pas nous laisser chasser », a déclaré Van Hauthem Le Vlaams Belang distribuera dimanche à plusieurs endroits du parcours un texte intitulé « un chèque en blanc pour une séparation d'apparence ».

Des clous répandus à Asse

Des actes de sabotage ont été constatés sur le parcours du Gordel dans la zone de Asse au kilomètre 100 de la promenade reliant Dilbeek et Wemmel. Des individus ont répandu des clous sur la route à cet endroit, a indiqué dimanche matin le coordinateur du Gordel pour le Bloso, Luc Peirlinck.

A Rhode-Saint-Genèse, des panneaux de signalisation ont également été enlevés. Les équipes du Bloso ont toutefois pu régler ces différents problèmes.

Des militants du Tak devant la maison communale

Par ailleurs, une quinzaine de membres du mouvement indépendantiste flamand Taal Aktie Komitee (TAK) ont installé, dès 07h30, un poste de contrôle aux abords de la maison communale de Rhode-Saint-Genèse pour protester de manière « ludique » contre le refus de la majorité francophone d'y autoriser le départ et l'arrivée de la promenade cycliste.

Les militants du TAK plaident également pour que le Gordel continue à exister sous sa forme actuelle, marquant le caractère flamand de la périphérie bruxelloise, et ne devienne pas une manifestation purement touristique.

P.VA. avec Belga