Vande Lanotte sur le budget : « Il est trop tôt pour se prononcer »

Rédaction en ligne

vendredi 14 septembre 2012, 12:15

Le ministre de l’Economie a relativisé les prévisions du Bureau du Plan concernant le budget 2013. D’autres vice-Premiers ministres ont également réagi.

« Les chiffres de la sécurité sociale ne seront connus que fin septembre et il faut encore attendre les chiffres fiscaux », a rappelé le ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte, à son arrivée au comité ministériel restreint.

« L’économie est si fluctuante – voyez l’inflation – qu’il serait prématuré de se prononcer dès maintenant », a-t-il ajouté.

Pour Vincent Van Quickenborne aussi, évoquer un effort de 4,6 milliards d’euros à fournir en 2013 est un exercice encore « spéculatif ».

« C’est le comité de monitoring qui déterminera les chiffres précis », a-t-il rappelé, se réjouissant toutefois de voir le déficit 2012 rester sous la barre des 3 pc du Produit intérieur brut, avec seulement « un petit effort » à fournir pour atteindre les 2,8 pc escomptés.

Une bonne nouvelle pour Joëlle Milquet

Joëlle Milquet a insisté sur cette « bonne nouvelle qui maintient la Belgique dans le peloton de tête de l’orthodoxie budgétaire en Europe ».

Elle a rappelé que certaines mesures déjà prises par le gouvernement ne porteraient leurs effets que l’an prochain, ce que le Bureau du plan n’a pas encore pris en compte.

Derrière cette unanimité apparente sévit pourtant le débat sur les pistes budgétaires à adopter par le gouvernement hexapartite.

Pour Mme Milquet, il convient aussi de mieux équilibrer les charges sur le travail et le capital, sans toucher au pouvoir d’achat, et en agissant par exemple sur la lutte contre la fraude et la fiscalité verte. La taxation des plus-values sur actions reste une piste envisageable à ses yeux.

« Tout et n’importe quoi avant les élections »

C’est précisément sur ce point – qui hérisse fortement l’Open Vld – que le ministre Paul Magnette a mis l’accent à son arrivée quelques dizaines de minutes plus tard pour la réunion du conseil des ministres.

La Belgique est un des derniers pays en Europe à ne pas appliquer cette mesure, qui permettra de réduire les charges sur le travail et de stimuler l’économie, a-t-il dit en substance.

Didier Reynders (MR), lui, a demandé d’avancer dans les préparatifs budgétaires. « Augmenter d’un côté pour faire baisser de l’autre, c’est neutre, ça ne rapporte rien au budget », a-t-il affirmé, critiquant le fait que selon lui, « on entend tout et n’importe quoi avant les élections ».

Tout comme Vincent Van Quickenborne, il a demandé d’appliquer avant tout ce qui est dans l’accord de gouvernement, notamment la réduction des charges sur les trois premiers emplois dans les PME.

« Et puis, on n’a pas encore vu un euro venant des Régions et Communautés, il faudra que cela change », a averti le vice-Premier MR, dont le parti siège dans l’opposition à ces niveaux de pouvoir. May (avec Belga)