Guy Verhofstadt : « N-VA et extrême droite : c'est la même chose ! »

BEATRICE DELVAUX

samedi 22 septembre 2012, 13:43

L'ancien Premier ministre était l'invité du Grand Oral RTBF/Le Soir. Il y a parlé notamment de l'Europe, de la crise, de la N-VA et d'Elio Di Rupo. Revivez l'entretien vidéo.

C‘est l'ancien Premier Ministre VLD Guy Verhofstadt qui était l'invité du Grand Oral RTBF-Le Soir ce samedi sur La Première (radio). L'occasion d'abord de revenir sur l'actualité de cette semaine. et les difficultés autour d'Arcelor Mittal. Guy Verhofstadt envoie un message aux dirigeants politiques belges et wallons : « la première chose c'est d'aller voir Lakshmi Mittal, moi je crois très fort aux contacts entre les gens pour résoudre ce genre de dossier » et il rappelle son action dans le cadre de VW Forest en 2006.

Message clair aux nationalistes

L'actuel chef de groupe libéral européen en profite aussi pour plaider pour plus d'Europe : « Il faut développer une politique industrielle européenne, avec un vrai gouvernement économique européen avec un ministre européen des finances, une trésorerie et un marché obligataire unique. » C'est, pour lui, la seule façon pour les Européens de continuer à exister dans une économie mondialisée où chaque pays individuellement ne pèsera bientôt plus très lourd.

Guy Verhofstadt s'en prend aussi aux nationalistes partout en Europe. « Je ne crois pas qu'on va pouvoir protéger les intérêts des citoyens par un discours nationaliste, c'est un discours qui est faux. Le monde de demain est un monde qui est ouvert (…) et on sera beaucoup plus efficace économiquement si on fait ce saut en avant européen. »

Beaucoup de candidats du Belang à la NVA

Concernant plus précisément la N-VA en Flandre, l'ancien Premier Ministre prend à son compte l'analyse de Patrick Dewael « En fait (la N-VA et l'extrême droite) c'est la même chose, on peut quand même constater vous et moi qu'il y a quand même beaucoup de candidats (du Vlaams Belang) sur leurs listes (à la N-VA). Guy Verhofstadt enfonce même le clou, pour lui le discours européen de la N-VA n'est pas crédible : « à la fin les nationalismes terminent toujours dans un discours anti-européen ! La preuve, ces partis-là comme la N-VA ne veulent pas de liste transnationale et ils sont contre la société multiculturelle ».

À Di Rupo : « Pas trop regarder les sondages »

Dernière question : Elio Di Rupo a-t-il une chance de sauver ce pays ? « Moi j'ai l'impression que la Belgique ne se comporte pas trop mal (…). Je constate que l'on fait des avancées, il y a des résultats, le problème de BHV est résolu. Il faut simplement continuer le travail et ne pas trop regarder les sondages. ».

« La présidence de la Commission européenne, cela ne se refuse pas »

Pour Verhofstadt, ce n'est pas le Président Herman Van Rompuy qui pose problème aujourd'hui à la tête de l'Europe mais le président de la Commission, Jose Manuel Barroso. On cite le libéral belge parmi les candidats à la succession du portugais (lire Le Soir de ce week end), qu'en est-il ? Verhofstadt précise qu'il a été candidat une fois et que cela ne lui a pas réussi, dès lors aujourd'hui, il préfère ne pas se manifester. Mais, interrogé sur son attitude si jamais ce poste pouvait lui revenir, il répond sans hésiter : « La présidence de la Commission, cela ne se refuse pas. C'est à partir de là qu'il y a tant de choses à faire ».

« Revenir en politique belge ? Pas question. Mon destin est européen désormais »

Pas question pour Verhofstadt de revenir en politique belge, même si son parti l'Open VLD et son président Alexander De Croo est en très grande difficulté. Pour l'ex président de parti et ex premier ministre, le chemin à venir est européen : « avec tout le travail que j'ai fait au Parlement, avec le livre signé avec Daniel Cohn-Bendit qui sort en 6 langues le 2 octobre, j'ai créé une audience, des gens nous écoutent, je dois poursuivre à ce niveau-là ».