Les éditorialistes francophones inquiets pour les citoyens

Rédaction en ligne

jeudi 27 janvier 2011, 06:33

Après la démission du conciliateur royal, les éditorialistes des journaux francophones demandent au monde politique de se préoccuper du quotidien des citoyens.

Le Soir. Pour la rédactrice en chef, l'exigence d'une réforme jusqu'au boutiste est un bras d'honneur aux préoccupations quotidiennes des Belges. « L'appel des marchés, des hommes d'affaires, des culturels, de cinq jeunes (et leurs 35.000 suivants) n'aura pas été entendu », note-t-elle. Dans un édito-vidéo, Béatrice Delvaux parle de «fatigue morale qui s'ampliife, le sentiment d'être dans un pièce noire sans fenêtre. C'est désormais au CD&V de mettre la solution sur la table ».

Les journaux de L'Avenir trouvent pénible la « litanie des réactions politiques » qui ont suivi la démission du conciliateur. « Des discours préformatés, relevant de la caricature et des réponses insatisfaisantes face aux questions des citoyens ».

Pour La Libre, la Belgique a d'abord besoin d'être gouvernée.

Francis Van de Woestyne propose « pour le bien-être des Belges », de découpler les négociations. Le journal économique L'Echo demande aux politiques d'écouter la voix du bon sens. « La Belgique a beaucoup de chance : sa croissance est meilleure que prévu. Il ne faut pas jouer avec », indique la rédactrice en chef Martine Maelschalck.

Le journaliste politique de Sud Presse Demetrio Scagliola considère que la seule solution crédible et démocratique consiste à redonner la parole aux électeurs, avec un scrutin aux allures de consultation sur l'avenir du pays.

Les journaux du groupe Rossel, Le Soir et Sud Presse, imputent l'échec de la mission du conciliateur Johan Vande Lanotte à la N-VA et au CD&V. Sud Presse estime que les deux partis flamands ont saboté les négociations en raison de leur surenchère nationaliste. Pour Le Soir, les deux partis n'ont cessé de changer leurs lignes de négociation. « Venant de la N-VA à la limite c'est attendu, mais pour le CD&V, c'est incompréhensible car irresponsable », considère Béatrice Delvaux.

La Libre se montre plus prudente dans son analyse, relevant qu'il ne sert à rien de discourir pendant des heures sur les responsabilités des uns et des autres, le Nord accusant le Sud et inversement.

L'Echo ne désigne pas davantage les partis qui ont provoqué l'impasse mais note que les négociateurs ne se sont plus vus ensemble depuis cinq mois et que cela en dit long sur leur envie d'aboutir, « en tout cas dans le chef de certains ». L'Avenir critique, lui, l'ensemble des sept partis « qui n'ont pas été fichus de se retrouver autour d'une table », « comme si les attitudes sclérosées de chacun étaient les seules postures politiques valables ».

(Belga)