Di Rupo rectifie le tir après la sortie de Magnette

Rédaction en ligne

jeudi 12 janvier 2012, 20:45

Paul Magnette a eu un discours très dur ce matin contre la Commission européenne. « La Belgique a une longue tradition pro-européenne et c’est de notre intérêt de la maintenir », a réagi le Premier ministre Elio Di Rupo à la Chambre.

Di Rupo rectifie le tir après la sortie de Magnette

Belga

La Belgique a une longue tradition pro-européenne et c’est de notre intérêt de la maintenir. Chacun peut avoir son point de vue mais l’Europe reste notre base commune », a affirmé jeudi à la Chambre le Premier ministre Elio Di Rupo en réaction aux critiques de l’opposition N-VA mais aussi des partenaires gouvernementaux libéraux après les déclarations du ministre PS Paul Magnette à propos des exigences de l’Europe en matière budgétaire. Selon M. Magnette, la stricte politique économique préconisée par l’Europe mènera à quinze années de récession. Le ministre PS a aussi mis en doute la légitimité démocratique de la Commission européenne et a critiqué le commissaire aux affaires économiques, Olli Rehn.

« La Belgique n’était pas l’arbitre de la situation congolaise »

Le Premier ministre Elio Di Rupo a défendu jeudi à la Chambre le message de félicitations adressée par la Belgique à Joseph Kabila après sa réélection à la présidence de la République démocratique du Congo (RDC). Les représentants des autres pays européens étaient à la prestation de serment et aucun pays n’a rompu ses relations avec la RDC, a-t-il souligné tout en ajoutant que la Belgique regrettait les irrégularités constatées lors du scrutin.

M. Di Rupo, qui répondait ainsi à une question de la députée Eva Brems (Groen), a aussi souligné que la Belgique n’était pas l’arbitre de la situation congolaise. La Belgique soutient le processus démocratique en cours et espère que les leçons seront tirées des élections qui viennent d’avoir lieu, a encore dit le Premier ministre.

Les chefs de groupe Open Vld et MR, Patrick Dewael et Daniel Bacquelaine, se sont interrogés sur cette attitude. M. Bacquelaine a qualifié l’attitude de M. Magnette d’inacceptable. « Les décisions européennes sont aussi les nôtres », a-t-il rappelé. « L’eurosepticisme et le populisme sont nos pires ennemis », a encore dit le chef de groupe MR pour qui l’Europe ne peut servir de bouc émissaire. « Nous devons être conséquents avec nos décisions et accepter le contrôle de notre budget », a-t-il ajouté.

M. Dewael a pour sa part insisté sur le fait que l’Europe est une opportunité et pas une menace.

Le vice-Premier ministre CD&V, Steven Vanackere, et le président de l’Open Vld, Alexander De Croo, avaient déjà manifesté leur mécontentement après les déclarations de M. Magnette. M. Di Rupo a implicitement fait de même. Il a souligné les bonnes relations de la Belgique avec l’Europe et a insisté sur le fait que la Commission agit dans le respect des compétences qui lui ont été attribuées par les Etats membres. M. Di Rupo a aussi ajouté que la Belgique avait pris des décisions courageuses en matière budgétaire qui ont été acceptées par l’Union européenne.

(belga)