Plan W : « Il est normal que le PS réfléchisse »

Rédaction en ligne

lundi 16 janvier 2012, 17:55

Le nouveau président du PS a justifié les réflexions au sein de son parti sur le redressement économique de la Wallonie et de Bruxelles. Le MR au contraire dénonce « le repli wallon » de Marcourt.

Le président du PS, Thierry Giet, a justifié lundi l'existence de réflexions au sein de son parti sur le redressement économique de la Wallonie et de Bruxelles. Selon lui, il n'est toutefois pas question de remettre en cause l'existence d'un lien fort entre les deux Régions.

« Le PS est un grand parti, qui cultive le débat démocratique. L'avenir de la Wallonie et l'avenir de Bruxelles sont au cœur de nos préoccupations. Il est normal que le PS réfléchisse au redressement économique de Bruxelles et de la Wallonie, au meilleur moyen de créer de l'emploi et de soutenir l'activité économique dans nos Régions. Cela dans l'intérêt avant tout des Wallons et des Bruxellois », a-t-il déclaré lundi lors de son arrivée au bureau du PS. Aux yeux de M. Giet, cette réflexion est « nécessaire et même indispensable ! » « C'est notre devoir, en tant que responsables politiques. Cela n'empêche en rien l'existence d'un lien fort entre Wallons et Bruxellois. Et cela ne revient en rien à un repli sur soi », a-t-il ajouté.

Marcourt tient à se justifier

De son côté, le ministre Jean-Claude Marcourt a tenu à mettre les choses au point : ses déclarations sur la Fédération Wallonie-Bruxelles ne visaient nullement à nier l'importance d'un lien entre les deux entités mais à se poser la question de l'adéquation de certains outils au regard des défis qui les attendent. Ainsi en matière d'enseignement, compétence de la Fédération : « J'ai entendu des responsables bruxellois demander que l'on tienne compte de leurs spécificités, et c'est légitime. Il faut se demander comment répondre aux enjeux des deux grands bassins de vie que sont la Wallonie et Bruxelles. C'est pour ça que j'ai parlé de déconstruction et de reconstruction », a-t-il expliqué à l'Agence Belga. M. Marcourt n'a pas démenti qu'il participait avec d'autres personnalités à une réflexion sur le redéploiement wallon. « La 6e réforme de l'État va engendrer pour la Wallonie la nécessité d'accélérer son redressement socio-économique. Avec les forces socio-économiques de Wallonie, avec le monde académique, nous devons travailler sur les moyens et les outils nécessaires, et sur l'adéquation de ces moyens avec les objectifs de la sixième réforme de l'Etat. Cela ne remet nullement en cause la solidarité entre Bruxelles et la Wallonie mais, à partir du moment où des objectifs sont assignés à la Wallonie, c'est à la Wallonie d'y répondre, et quand des objectifs sont assignés à Bruxelles, c'est à Bruxelles d'y répondre », a-t-il souligné.

Le ministre socialiste n'entend toutefois pas donner un tour plus formel à ces réflexions et se refuse à parler de « think tank » ou à livrer les noms des autres personnalités qui y participent. « Je ne suis que l'un des intervenants. Je ne suis pas certain qu'il faille nécessairement rendre ces éléments publics aujourd'hui et les structurer. Mais je sens qu'il y a véritablement une prise de conscience de la nécessité d'accélérer les choses. Nous avons fait le Contrat d'avenir, le plan Marshall, la Commission Zénobe. Il y a une étape supplémentaire à franchir », a-t-il dit. D'après M. Marcourt, dans tous les partis, il y a cette prise de conscience et, d'une manière ou d'une autre, des réflexions qui se mènent. « De manière diffuse, pratiquement tout le monde réfléchit à la manière de booster la Wallonie ».

Le MR dénonce le social-régionalisme

Deux députés régionaux MR, le Wallon Richard Miller et la Bruxelloise Françoise Bertieaux, ont vu dans les propos tenus par le ministre Jean-Claude Marcourt (PS) ce week-end des indices de « social-régionalisme » et de repli wallons. Ces propos démontrent « une stratégie de repli vers les Wallons », a estimé Mme Bertieaux, chef de file des libéraux bruxellois, sur les ondes de Twizz radio. « Je pense que la Communauté française, actuellement, est de plus en plus au service de la Wallonie et de moins en moins consciente des réalités bruxelloises », ajoute-t-elle.

Les réunions souvent conjointes des gouvernements wallons et de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Namur entraînent des décisions qui « ne se préoccupent pas le moins du monde » des conséquences pour Bruxelles, pense Mme Bertieaux. Elle se demande si la place de M. Marcourt est toujours dans le gouvernement de la Fédération. « Quand on veut déconstruire une institution dans laquelle on est ministre, il y a un problème ».

Le Montois Richard Miller se pose la même question. Stigmatisant un « social-régionalisme wallon », il juge en outre que le premier constat à poser est « l'absence de résultats positifs probants » de la régionalisation. « Peut-on rappeler que le PS est aux commandes de la Wallonie depuis des décennies ? » Il souligne les propos du patron de l'Agence wallonne des exportations et des investissements (Awex), Philippe Suinen, faisant de Bruxelles l'atout économique de la Wallonie. Pour Richard Miller, il s'agit de construire une unité nouvelle en décloisonnant des compétences, en créant une circonscription unique Wallonie-Bruxelles et en apportant des réponses « efficaces » aux dossiers communs.

(P.V. avec Belga)