Tensions entre Van Quickenborne et Magnette

DIRK VANOVERBEKE

vendredi 04 mai 2012, 09:14

Vincent Van Quickenborne (Open VLD) bloque une nomination à l’Office national des Pensions. Paul Magnette (PS) a cassé la nomination du commissaire du gouvernement à Bpost.

Tensions entre Van Quickenborne et Magnette

Vincent Van Quickenborne© Belga

La politisation bloque toujours la nomination des 46 top managers d’administrations fédérales et d’entreprises publiques : SPF Économie, Belgacom, Fluxys, la SNCB, Fedasil, la Loterie nationale, Bpost, l’aéroport de Bruxelles…

En cause, l’impossibilité du gouvernement de s’accorder sur le nom du patron de l’Office national des pensions (ONP), le successeur de Gabriel Perl, atteint par la limite d’âge en 2009 et auquel le gouvernement Leterme avait demandé de prolonger son mandat d’un an.

L’ONP sans patron depuis 2010

Depuis mars 2010, l’ONP se cherche un patron. En attendant sa nomination, une cinquantaine de grands commis de l’État attendent la leur. Pourtant, en février 2010, Jean-Marc Delporte, ex nº2 des Finances, s’est classé premier de l’épreuve organisée par le Selor pour ce poste. Le comité de gestion de l’ONP a approuvé sa nomination en avril 2010.

Depuis, plus rien : le gouvernement Leterme en affaires courantes a laissé pourrir le dossier et le gouvernement Di Rupo se déchire sur la question. Vincent Van Quickenborne, le ministre VLD des Pensions, ne veut pas de Jean-Marc Delporte, parfait bilingue mais qui a deux gros défauts : il est francophone et socialiste. Et donc, à ses yeux, peu enthousiaste devant la vision libérale de sa réforme des pensions.

Magnette bloque la nomination à Bpost

Le ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette (PS), a décidé de casser la nomination du commissaire de gouvernement à bpost, une fonction qui devait être occupée par le chef de cabinet du ministre des Pensions Vincent Van Quickenborne (Open Vld), en réaction au refus de ce dernier de nommer un candidat étiqueté PS à la tête de l’Office national des Pensions (ONP), rapportent La Libre Belgique et De Morgen.

Tensions au sein du gouvernement

Comment mettre fin à cet interminable bras de fer, d’autant plus déplacé qu’à moins de remettre en cause les règles de nomination des hauts fonctionnaires, Delporte doit bel et bien être nommé à la tête de l’ONP ?

Lors de plénière de la Chambre, la semaine dernière, le Premier avait rassuré : « Pour l’ONP, la procédure de sélection est finalisée. le comité de gestion a refusé de recommencer l’audition des derniers candidats. Dans le respect des procédures, je ne doute pas que les initiatives qui s’indiquent seront prises dans un délai raisonnable. »

Une semaine plus tard, en commission, le ministre des Pensions jetait un froid : « La nomination du nouvel administrateur général n’a pas encore eu lieu car j’ai demandé un entretien complémentaire avec les candidats. »

Et Van Quickenborne de justifier pourquoi il traîne des pieds : un contexte politique qui a changé depuis la nomination de Delporte en 2010, dont le test Selor est valide pendant deux ans et donc sur le point d’expirer.

Georges Gilkinet (Ecolo) explose devant cette réponse du libéral flamand : « C’est un camouflet pour le Premier. Qui manque d’autorité face au cynisme de Van Quickenborne. Cette incapacité de décider met en danger le fonctionnement de l’ONP : on joue avec des allumettes avec la paix sociale. » L’ONP n’en finit pas d’alerter le gouvernement sur la surcharge de travail et la diminution d’effectifs et lui demande de respecter les règles et de nommer son administrateur-délégué.

(avec Belga)