Onkelinx : « S'il le faut, réduisons les prix ! »

BERNARD DEMONTY

vendredi 11 mai 2012, 11:33

Laurette Onkelinx livre son plan de relance : PME, épargne, vie chère… Après les libéraux flamands et francophones, les socialistes se positionnent. L'interview dans Le Soir

Onkelinx : « S'il le faut, réduisons les prix ! »

©Thierry Du Bois - Le Soir

1. Des baisses de prix obligatoires dans la distribution

Le gouvernement a déjà pris des mesures pour bloquer les prix de l'énergie et réglementer celui des médicaments. La vice-Première veut aller plus loin : « Il faut faire un effort sur le panier alimentaire et d'autres produits de grande consommation. Les prix chez nous sont largement plus élevés qu'ailleurs. Même la fédération des distributeurs – Comeos – le dit. » Concrètement ? « Il faut imposer des baisses de prix. Je ne peux pas être plus claire. » La ministre argumente : « Les grands producteurs internationaux vendent plus cher en Belgique qu'à l'étranger. C'est inadmissible. » La ministre ne vise pas le prix du pain ou du lait. Mais des produits émanant de grands producteurs internationaux. « Ceux qui sont plus chers en Belgique doivent se voir imposer des limites. »

2.Un livret d'épargne pour irriguer l'économie belge

La ministre souhaite aussi l'introduction d'un livret ou de produits d'épargne, bénéficiant de conditions avantageuses pour les particuliers, mais dont les fonds serviraient à alimenter l'économie belge. Un projet d'origine parlementaire (lire en page 25), que la ministre veut intégrer au plan de relance…

« Appelons-le livret A, livret B, peu importe, mais faisons-le, dit la ministre. Trop d'épargne des Belges court vers l'étranger. Il y a beaucoup de banques chez nous et les investissements extérieurs sont très nombreux. Si on pouvait canaliser l'épargne des Belges sur l'économie réelle en Belgique, ce serait porteur d'emplois. Si les Belges ont la certitude que leur argent peut revenir à l'économie belge, ils participeront. On l'a vu avec les bons d'État lancés par Yves Leterme. »

3. 1000 euros de réductions de cotisations pour les premiers emplois

La ministre des Affaires sociales entend soutenir les petites et moyennes entreprises. « C'est le principal vivier d'emploi en Belgique. On a environ 1,7 million d'emplois créés par les PME pour près de la moitié seulement créés par les grandes entreprises. Que ce soit pour l'accès aux intérêts notionnels, pour l'accès au crédit : les PME sont un peu le dindon de la farce. »

La ministre suggère dès lors un soutien ciblé : « Je propose 1.000 euros de réduction de cotisations sur les trois premiers emplois pendant 2 ans, puis 400 pendant un an et demi. C'est simple, ça “booste” l'emploi et on anticipe ce qu'il y a dans l'accord de gouvernement. »

Laurette Onkelinx constate aussi un nombre important de subventions sociales et salariales : « C'est 11,3 milliards en tout. Pour moi, il faut simplifier cela et concentrer le maximum sur les bas salaires. La Banque nationale l'a dit, c'est cette technique qui est la plus créatrice d'emploi. Il faut s'astreindre à cet exercice. »